07/12/2006

La promesse

Le dimanche matin est un moment privilégié pour moi. Seul jour de la semaine ou je peux faire la grasse matinée.

J’étais donc profondément endormie, lorsqu’un son parvint jusqu’à mon subconscient.

…a…omi…a …omi…a…omi

Au bout de quelques minutes cette litanie finit par atteindre son but…à savoir me sortir de ma torpeur.

Mmmmm aisse moi dormir…suis fatiguée lançai-je en retour.

…a …omi…a…omi….a…omi

La tête sous l’oreiller je ne percevais ce bruit que par bribes. Mais c’était plus qu’assez que pour m’empêcher de retomber dans les bras de Morphée.

J’essayai de ramener les cotés de mon oreiller vers mon visage afin d’étouffer ce bruit…mais le son me parvint encore comme si la personne avait haussé le ton.

Complètement réveillée à présent, je me retournai m’apprêtant à jeter mon coussin à la tête de mon mari.

Mais qu’avait-il donc à marmonner ainsi ???

Personne…la place à mes côtés était vide.

Je réalisai à cet instant que ce ne pouvait être lui le perturbateur puisqu’il n’était pas encore rentré.

Les idées claires à présent je me souvins qu’il était de garde cette nuit. Il m’avait laissé en début de soirée afin de rejoindre l’hôpital.

Un peu trop tôt encore donc pour qu’il ne soit déjà à la maison.

Je restai assise sur le lit, interloquée, lorsqu’une voix me parvint cette fois-ci beaucoup plus audible.

-         Tu avais promis Candice. Tu avais promis.

-          ???

Mes yeux parcoururent rapidement la pièce. Ne trouvant personne, dans un instant de panique je criai

-         Chéri… Tu es de retour ? C’est toi ???

-         Tu n’as donc pas compris Candice repris la voix. Il n’y a personne d’autre ici.. .que toi et moi.

Je déglutis avec peine…c’est qu’elle allait me foutre la trouille cette voix.

-         Bon ça suffit maintenant, ce n’est pas drôle hein. Si c’est toi Chéri, tu as intérêt à arrêter tout de suite cette plaisanterie si tu ne veux pas avoir ma mort sur la conscience.

Aucune réponse. Le silence fut à peine troublé par les bruits assourdis qui me parvenait de la rue.

Un peu plus ferme la voix continua.

-Il est temps maintenant Candice. Temps de tenir ta promesse.

-Mamama promesse bredouillai-je. Quelle promesse ???

-Allons, Tu n’as pas encore compris à qui tu avais affaire n’est-ce pas ?

-NON. Qui êtes vous ? Que voulez-vous ? Si c’est de l’argent que vous voulez, je n’ai rien ici et mon mari qui est agent de police doit rentrer d’un moment à l’autre. Vous feriez mieux de filer avant qu’il ne vous trouve ici répondis-je d’une voix plus assurée.

-Hahaha  haha haha. le rire fit écho à mes paroles.

Dans un angle de la chambre se dessinait une ombre. Une ombre que je n’avais pas vu jusque là. Je fixai mon attention sur ce coin de la pièce lorsqu’une lumière jaillit soudain.

Aveuglée, il me sembla toutefois apercevoir quelqu’un.

La voix reprit.

-Je t’ai observé Candice tu as changé. Durant de longues années j’ai pu lire la souffrance sur ton visage. Chaque mois l’espoir naissait mais quelques jours plus tard c’était à nouveau la désolation. Ton bonheur était presque parfait, il ne te manquait que…cette petite chose.

J’écoutais ce discours approuvant sans même m’en rendre compte les propos et j’acquiescai de la tête.

-         Un jour de profond désespoir, tu pleurais et c’est alors que tu m’as fait cette promesse. Candice te souviens-tu ? Sais tu maintenant qui te parles ?

J’avais compris bien sûr. Je n’avais pas osé interrompre la voix pour lui poser la question, mais les mots avaient fait leurs chemins dans ma tête. A part mon mari , personne n’était au courant de ceci.

Enfin personne…une seule autre personne avait été mise au courant. Une personne que j’avais prié maintes et maintes fois d’exaucer mon vœu le plus cher. Ce ne pouvait être que…LUI.

-         Tu as compris je vois me dit-il.

-         Vous êtes.. .Dieu

-         -Oui mon enfant. J’ai accédé à ta demande. Il est maintenant temps de tenir ta promesse.

-         Oui oui bien sûr. Je le ferai.

-         J’y compte bien. Si tu ne t’acquittes pas de ta tâche, je reviendrai exiger mon dû.

Dans un éclair la forme disparut.

Ces derniers mots me parvinrent.

– Ce qu’il ne faut pas faire de nos jours pour quelques…

Je ne pus entendre la fin de la phrase.

Je m’inquiétai tout à coup. Quelle heure était-il ?

Vite vite ! J’enfilai mon pardessus au-dessus de ma chemise de nuit.

Je descendis prestement les marches de l’escalier.

Arrivée sur le palier la porte s’ouvrit laissant apparaître mon mari.

-Eh bien que fais-tu debout à cette heure ???

Je pris à peine le temps de l’embrasser et m’éloignai en lui lançant.

-Je suis pressée. Je t’expliquerai. Je reviens dans 2 heures.

Dans la voiture qui me menait jusqu’à l’église, je souriais caressant d’une main mon petit ventre rond. Je pensais qu’il allait être difficile d’expliquer à mon mari que j’allais désormais me rendre chaque dimanche à la messe.

 

 

 

18:10 Écrit par Miss2red | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : promesse, nouvelle, dieu |  Facebook |

Commentaires

Félicitations !
Bises
Nid

Écrit par : Nid | 07/12/2006

snif C'est fini avec R...

tu sais qui c'est...

Écrit par : Stella | 07/12/2006

Je vais très bien. Merci et à plus.

Écrit par : rhadamanthe | 12/12/2006

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