25/10/2010

Le livre interdit de Sophie Audouin-Mamikonian

Tara.jpgDeuxième tome des aventures de Tara Duncan.

Son ami Cal est accusé de meurtre et Tara va tout tenter pour le sauver avec l'aide de ses amis: Robin, Fabrice, Moineau et Fafnir. Un nouvel ennemi fait son apparition : le ravageur d'âme sans compter Magister que la jeune sortcelière devra également affronter.

Beaucoup de péripéties dans cette course contre la mort qui nous tient agréablement en haleine jusqu'au bout.

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20/10/2010

La blonde en béton de Michael Connelly

Connelly_blonde_beton_P.jpgL'inspecteur Harry Bosch est aux prises avec la justice dans ce tome.
La veuve du Dollmaker porte plainte contre Harry et ceci avec l'aide de la plus féroce des avocates Honey Chandler.
Le dollmaker était ce tueur de prostituées qui avait sévi quelques années plus tôt, on lui avait donné ce nom car il avait pour habitude de maquiller ces victimes telles des poupées.
Les enquêteurs piétinnaient jusqu'au soir ou Harry reçut un appel d'une prostituée.
C'est ce soir là que notre inspecteur rendu seul sur les lieux a sous le coup de la légitimé défense avait tué le sérial-killer.
Alors que le procès s'ouvre, une lettre signée du Dollmaker ainsi qu'une nouvelle victime apparaissent.
Harry était pourtant certain d'avoir abattu le coupable et ce nouveau meurtre pourrait bien compromettre son procès.

Autant pour les livres précédents je n'avais pas été totalement emballée autant celui-ci m'a plu. Quelle idée géniale que d'incorporer ce procès dans ce livre ! On en apprend un peu plus sur Harry et l'on angoisse avec lui. Un bon suspense.

12:43 Écrit par Miss2red | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : la blonde en béton, michael connelly |  Facebook |

19/10/2010

Specials de Scott Westerfeld

Specials.jpg3ème tome intitulé Specials.

Tally est désormais membre des specials circunstances et plus particulièrement des scarificateurs.

Ceux-ci se mutilent pour parvenir à un état de conscience supérieur qu'ils appelent glacial.

La jeune fille fait partie de l'élite mais il lui manque encore une chose pour être heureuse la présence de Zane à ses côté.

Le jeune homme amoindri physiquement et mentalement ne peut rejoindre les specials circunstances.

Tally et Shay vont tenter de faire de lui un des leurs mais la mission censée faire de Zane un être à part va vite tourner à la catastrophe.

A nouveau j'ai été captivée par ce roman que j'ai dévoré en quelques jours, la deuxième partie du livre est très prenante.

Vivement la suite.

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13/10/2010

Avec toutes nos amitiés de Cathy kelly

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Avec toutes nos amitiés retrace le parcours professionnel et privé de 4 femmes aux profils complètement différents.

Il y a Hope mère de famille au comportement effacé, Sam sa sœur cadre dynamique aux dents longues, Virginia retraitée qui se remet difficilement de la mort de son mari et Nicole une jeune femme qui chante dans les karaoké.

Ces quatre femmes aux destins apparemment tout tracés vont voir leurs vies chamboulées par des évènements dont elles n’auraient jamais imaginé en être victime.

 

Un roman agréable à lire sans grande prétention mais qui m’a fait venir la larme à l’œil quelque fois.

12:57 Écrit par Miss2red | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/09/2010

Trompe l'oeil de Patricia Cornwell

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Pas une des meilleures histoires de Patricia Cornwell, on rentre dans l'histoire assez lentement pour finalement s'apercevoir que la fin est proche puisque le livre est assez mince.

Le personnage principal ( Win Garano )  est néanmoins intéressant, je ne sais si l'auteure a prévu de l'intégrer dans d'autres romans mais cela me plairait de le retrouver, Kay Scarpetta a fait son temps je trouve.

Un petit détail mais qui moi m'a perturbée, le fait que le personnage s'appelle Win. Eh oui désolée mais pour moi Win c'est le personnage des romans d'Harlan Coben...c'est fou comme on peut s'attacher.

 

L'histoire en quelques mots.

Win Garano est un inspecteur au physique disons avantageux. Sa supérieure hiérarchique Monique Lamont, non moins sublime, lui confie une enquête surgie du passé. La mort d'une jeune femme aveugle qui pourrait s'avérer être la première victime d'un célèbre tueur en série.

La résolution de cette mort non élucidée pourrait propulser Lamont au premier plan et lui faire briguer un haut poste dans les milieux politiques.

Win découvre bien vite qu'il pourrait être le dindon de la farce et que l'affaire pourrait bien s'avérer être un leurre...

13:49 Écrit par Miss2red dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : patricia cornwell, livre, histoire |  Facebook |

21/09/2010

Citation extraite de Meurtres à Gramercy Park

Le rabbin Kaplan lui avait dit un jour qu'elle était perplexe en revenant du catéchisme ( Helen avait voulu qu'elle soit également éduquée dans la foi chrétienne). "L'enfer des chrétiens n'est pas le feu éternel. L'enfer est l'absence de l'être aimé."

13:13 Écrit par Miss2red | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : citation |  Facebook |

20/09/2010

Meurtres à Gramercy Park

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Polar tout ce qu'il y a de plus classique en ce qui concerne l'histoire de base que voici.

On retrouve le corps de Louis Markowitz, le père adoptif de Kathy Mallory auprès du corps sans vie d'une énième vieille dame. A gramercy park, rôde depuis quelques temps un assassin de vieilles dames riches. Markowitz était sur la piste du tueur, Kathy va reprendre l'enquête au risque d'y perdre elle aussi la vie.

Certain pourrait trouver l'histoire un peu vieillotte s'il n'y avait les 2 personnages centraux: Kathy Mallory et Charles Butler.

L'un est un psychologue doué d'une  mémoire incroyable et l'autre est une jeune femme flic ancienne voleuse avec un réel talent en ce qui concerne l'informatique mais aussi de fameux problèmes d'intégration et surtout de socialisation.

De plus Kathy Mallory m'a par bien des côtés fait penser à une autre surdouée en informatique bien connue: Lisbeth Sallander de la série Millenium, et ceci n'est pas pour me déplaire.

 

13:29 Écrit par Miss2red | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : polar, meurtre, livre |  Facebook |

14/09/2010

Pretties de Scott Westerfeld

pretties.jpgTally est devenue une "Pretty". Elle vit désormais entourée de Shay et de ses nouveaux amis "les crims".

Ceux-ci semblent sans cesse à la recherche d'une intensité qu'ils trouvent en commettant de petits méfaits.

 Le fait d'être "intense" leurs permet de retrouver un peu de la lucidité que les diverses opérations chirurgicales leur a volé.

le soir ou doit se décider son acceptation à la bande des crims, Tally fait une étrange rencontre en la personne de Croy ( un Ugly ) qui sous forme d'énigme et de challenge va lui laisser un message.

Message dicté par elle lorsqu'elle était Ugly ( non transformée en cette sublime jeune femme qu'elle est actuellement ). Cette lettre va faire ressurgir en elle des souvenirs oubliés.

Tally choisira t'elle de rester au sein de sa nouvelle famille accompagnée de son nouveau petit ami Zane ou décidera t'elle de fuir à nouveau pour retrouver David le Ugly dont elle était tombée amoureuse dans le premier tome.

La suite donc des aventures de tally dans ce second tome ou l'on cerne de plus en plus le rôle des "Specials" dans le monde des "Pretties".

Les bases de l'histoire parlent d'un sujet aussi futile que la beauté mais le fond de l'histoire et le message que l'auteur cherche à faire passer, un monde plus écologique, l'absurdité de guerre entre clans sans réelle raison, la mise au ban de personnes qui ne correspondant pas à nos critères de normalité, en font un assez bon libre.

Je retrouverai avec plaisir le troisième tome.

 

 

13:26 Écrit par Miss2red dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pretties, livre, scoot westerfeld |  Facebook |

08/09/2010

La mort dans l'objectif de Iris Johansen

genere-miniature.gifEncore un roman qui démarre au quart de tour.

Dès les premières pages, on se retrouve directement plongé dans l'action.

Ma première impression de lecture était donc un peu négative, j'avais un peu l'impression d'avoir manqué un passage.

J'aime faire connaissance d'abord avec les personnages, les lieux et les faits, me mettre en situation avant que les choses ne commencent à bouger réellement et que l'histoire soit vivante dans ma tête.

Ici donc pas de temps perdu on file direct dans l'action sans perdre une minute.

La mort dans l'objectif raconte l'histoire d'Alex Graham, une journaliste qui sur les lieux d'une catastrophe va être témoin du meurtre de son pilote d'hélicoptère revenu la chercher alors qu'elle photographiait les vestiges du barrage explosé.

Un peu plus tard celle-ci en compagnie de son amie Sarah Logan sera l'objet d'une tentative d'assassinat.

Le mari de son amie, le sénateur Logan décide alors de les mettre chacune de leurs côtés à l'abri.

Contre la volonté d'Alex, il engage Morgan, un ancien agent secret pour veiller à sa sécurité.

Enlevée et séquestrée par Morgan, la jeune femme va d'abord tenter de s'évader avant de s'allier avec lui contre les personnes qui cherchent à les tuer.

Ensemble, ils vont tenter de déjouer le complot qui se trame.

Mais le temps passe vite, une nouvelle catastrophe se prépare et un tueur les pourchasse...

Bon suspense donc pour ce livre, l'action est omniprésente te nous tient en haleine jusqu'à la fin du livre.

 

13:25 Écrit par Miss2red | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/11/2009

La journée de la gentillesse

Ce vendredi 13 novembre a été désigné un peu partout dans le monde comme étant la journée de la gentilesse. Voilà ce que ce jour m'a inspiré...

J’avais décidé de jouer le jeu, une journée sur l’année me glisser dans la peau de quelqu’un de bien ce ne devait pas être trop difficile. On ne me demandait pas de changer ma nature profonde pour tourner en jésuite, non juste d’être gentil et de faire perdurer ce sentiment autour de moi durant quelques heures ce 13 novembre.

 

Je savais n’être ni bon ni mauvais, juste un homme parmi d’autres avec une famille, des amis mais surtout une vie professionnelle riche et envahissante qui faisait de moi un gars occupé, préoccupé.

 

Les  « Bonjour », « Merci », « Comment vas-tu ? », ces mots somme toute très anodins j’allais les faire mien ce jour et même plus puisqu’il me fallait non seulement les dire mais surtout les penser. Oui, j’allais très vite l’apprendre la sincérité faisait partie intégrante du challenge. Le gentil était pourvu d’ émotion noble et pure. Complètement désintéressé, il offrait son aide gracieusement et faisait preuve d’énormément d’empathie. Il savait écouter et s’affichait perpétuellement avec un sourire au coin des lèvres, sourire censé propager la bonne humeur autour de lui.

 

Je m’efforçais donc de reproduire cela et m’attelais donc à la tâche, usant et abusant des compliments et remerciements, offrant des fleurs, me chargeant de la corvée café et payant celui-ci de ma poche.

Devançant les envies et attentes de tout un chacun, proposant mon aide à tout-va, écoutant et réconfortant mais aussi insufflant une énergie positive autour de moi.

 

Je vécus ce jour parfois comme si celui-ci pouvait être le dernier. Il me fallut du courage pour renouer le contact avec d’anciens amis perdus de vue à qui je n’avais plus donné signe de vie depuis des mois. Je me rendais compte combien ma vie pouvait paraître étriquée. Enfermés dans notre cocon familial ma femme et moi, nous ne recevions plus personne et notre vie sociale était presque inexistante. Désormais, je me convainquis d’adopter cette nouvelle philosophie de vie, de faire en sorte de ne jamais pouvoir oublier ces moments.

 

Tout en compulsant mon ordinateur portable le soir venu, je repassai dans ma tête les évènements et rédigeai de suite quelques mémos que je m’empressai de donner à qui de droit ou d’envoyer par mail au siège du bureau.

 

Message de : Justin Momman

A : La belle vie Siège

 

A propos de ce collègue « il se reconnaîtra » je peux vous le dire maintenant puisque ma mission est achevée qu’en temps normal je l’aurais certainement envoyé se faire v… et plutôt deux fois qu’une la gentillesse a ses limites et le 13 novembre n’est pas non plus la journée des cons. Tu ne perds rien pour attendre, enfoiré. J’ai bouclé le travail d’accord mais ce n’est pas grave. J’ai pourri ton rapport pauvre naze et maintenant tout le monde sait que tu n’en fous pas une et que c’est moi qui l’ai rédigé. Incapable va.

 

 

Message de : Justin Momman

A : La belle vie Siège

 

A mes fidèles collaboratrices,

 

J’en ai vu certaines rougir et d’autres ricaner bêtement lorsque je m’appliquais pour être aimable.

Que les premières sachent que ma proposition est encore valable demain mais demain seulement. Après faudra voir s’il y a encore de la place et pas venir pleurer si tout est pris, trop tard c’est tard.

 

Quant aux autres,

Je dis c’est facile de se moquer. Putain on fait des efforts, on complimente même les grosses et les laides, on paie un coup à boire et qu’est-ce qu’on récolte hein???Et maintenant qui est gentil, qui est méchant hein hein ???

 

Ps : Vous pouvez prendre contact pour une réunion privée mon agenda est accessible à vous toutes, vous le savez je suis toujours disponible pour celles qui n’auraient pas bien compris mon message ou qui aurait été absente ce jour.

 

 

Note à ma femme

 

Chérie,

 

T’as vu quel homme tu as ? Un qui fait la vaisselle et sort les poubelles, mais on n’en fait plus des comme-ça.

Ah toi on peut dire que t’es vernie. Non mais tu n’imagine pas toutes ces femmes qui rêveraient d’avoir un mec comme moi comme époux. Moi à ta place je ferai ce qu’il faut pour le garder ton homme hein…. Et puis je lui laisserai un peu de temps libre le vendredi soir par exemple. A trop le garder enfermé ton petit mari, tu vas finir par l’étouffer.

 

 

 

Note à Bébert, Maxime et les autres

 

Mes potes, ce que je suis content de vous avoir retrouvés. Ca faisait un bail qu’on n’avait plus bu quelques verres ensemble. C’est décidé je n'ai plus envie de vous perdre de vue, j’ai mis Corinne au courant…elle est d’accord. Désormais faudra compter avec moi pour le poker et les petites mousses du vendredi… et glou et glou et glou.

 

 

 

Voilà j’avais accompli ma tâche et tout en me brossant les dents, je regardais satisfait mon image dans le miroir, j’éprouvais la sensation d’avoir accompli de bonnes choses aujourd’hui….

 

 

 

15:22 Écrit par Miss2red dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : gentil, gentilesse |  Facebook |

15/11/2007

Une 2ème rupture

     

Il avait assené sa phrase d’un ton sec, comme si les mots trop longtemps contenus et ressassés pour sa seule personne s’étaient tout à coup échappé par mégarde de sa bouche.  Ces phrases n’avaient toutefois pas produit l’effet escompté sur sa compagne. Celle-ci restait prostrée, assise sur le lit, les yeux baissés vers le sol, vers cette valise ouverte qui renfermait toutes ses affaires à lui : « caleçons, chemises, pantalons, chaussettes… », le tout entassés à la hâte, à la manière de quelqu’un sur le point de s’enfuir. L’homme se tenait devant elle, arrogant, la toisant à la recherche d’une réaction, d’une émotion quelconque, du moindre signe lui permettant de croire qu’elle avait compris ou simplement ouï ces propos.

 

Il se décida néanmoins à poursuivre. II avait eu le cran de commencer à parler, il devait donc continuer son récit. Ces premiers mots lui avaient ouvert la voie…la voie de la liberté. Il ne pouvait plus reculer, il allait tout lui dire.

 

– Je ne veux pas te mentir. Tu comprends, lui dit-il, cela fait plus de dix ans que nous sommes mariés. Ces dernières années, l’entreprise m’accaparait de plus en plus. J’ai réussi au-delà de toutes mes espérances. Nous sommes parmi les marques de vêtements de sport les plus vendues dans tout le pays. Le mois prochain, nous ouvrons même notre premier magasin à New York. La chance me sourit enfin. Il y a tant de nouvelles perspectives qui s’offrent à moi…

 

Elle bougea. Un simple balancement d’une fesse sur l’autre, presque imperceptible, mais qui  suffit à le ramener à la réalité. Il s’est emballé comme d’habitude. C’est ce qui lui arrive à chaque fois qu’il parle de ses ambitions, de son rêve. Il ne faudrait pas qu’il s’éloigne trop de son sujet. Elle l’a bien pris jusqu’à présent mais il connaît le feu qui brûle en elle. Il sait qu’il ne doit pas perdre de temps et profiter de ces moments de calme. Il reprend donc son monologue…

 

  Après toutes ces journées harassantes, parfois même ces soirées passées autour de ce projet, j’avais besoin de me détendre…

 

Durant de longues minutes, il s’efforce en relatant avec force détails les évènements passés de lui avouer l’impensable. Les faits se suivent, mais se perdent dans des détails anodins qui n’ont pas grande importance. Il tergiverse, il le sait, tentant sans doute ainsi de gagner un peu de temps. Ce n’est pas de cette manière-là que j’arriverai à mes fins, pense-t-il. Alors, s’armant de tout son courage, il lance enfin dans un murmure : «  j’ai craqué.» « Il y a quelqu’un d’autre dans ma vie. »

 

Puis, il ne dit plus un mot, et la regarde à nouveau, guettant un signe de sa part. C’est qu’elle ne l’aide pas beaucoup. Elle reste là, impassible. Pour un peu, il l’espèrerait, cette fameuse scène de ménage. Quoi de plus normal en effet lorsque l’on apprend que son mari vous trompe et qu’il est sur le point de vous quitter !

 

Il marche de long en large à présent et poursuit.

– Il y a quelques mois, nous venions de conclure la signature du contrat pour l’ouverture de la succursale. Avec mes collaborateurs, nous avons fêté cela au restaurant, puis ensuite dans un bar où après avoir bu plusieurs verres, je me suis retrouvé seul avec elle. Elle s’appelle Clémentine, c’est une Française qui s’est expatriée aux Ėtats-Unis. Tu sais ce que c’est, elle a insisté pour que je boive un dernier verre chez elle, je n’ai pas osé refuser. Je me sentais si seul sans toi ce soir-là. J’avais beaucoup bu et une chose en entraînant une autre, à un moment elle s’est jetée sur moi. Elle n’avait pas arrêté de me lancer des regards suggestifs durant toute la soirée et lorsqu’elle s’est inclinée vers moi pour m’embrasser, je n’ai pas su lui résister.

 

- Lâche !

 

Il a bien entendu, ou c’est seulement dans sa tête qu’il a cru entendre ce mot ? Il observe sa femme, mais celle-ci semble toujours aussi abattue, dans la même position que lorsqu’il s’était décidé à vider son sac. Sans doute en état de choc. Non, ce ne peut être que lui. Sûrement sa conscience qui lui joue un mauvais tour.  Pourquoi demeure-t-elle là sans rien dire ? Ni cri, ni reproche, rien, pas un mot depuis qu’il a sorti cette foutue valise. Tout à coup ça l’énerve. Si au moins elle l’avait giflé, insulté, utilisé tous les mots vulgaires et grossiers qui faisaient habituellement défaut dans son vocabulaire. Si seulement elle avait pu céder à une folie passagère, et casser au passage quelques objets précieux ! Mais non, pas un mot, pas un geste, pas une larme, et ceci plus que tout le met hors de lui.

 

Il s’avance alors vers elle et lui lance

– Mais parle Hélène, dis quelque chose, ne reste pas plantée là sans réagir ! Tu veux quoi ? Que je te dise que tout ceci est de ma faute, que je suis un immonde salopard ? Oui, j’ai fauté. Je t’ai trompée, et ce que je pensais n’être qu’une aventure d’un soir s’est avéré être beaucoup plus important à mes yeux. Je ne l’ai pas cherché, c’est arrivé tout naturellement. Elle me comprend. Nous avons plein d’idées en commun. Son père est dans le business lui aussi.

 

Un instant il a cru voir ses lèvres se plisser et former une ébauche de sourire ou de grimace. Elle a la tête si penchée qu’il ne sait s’il a bien vu. A bout d’argument, il s’arrête ne sachant plus que rajouter. Le silence envahit la pièce, et il n’entend plus que son propre souffle, sa respiration haletante rythmée par les battements accélérés de son cœur. Il ne s’explique pas pourquoi elle n’a pas réagi. Se peut-il que l’émotion soit si vive qu’elle en reste bouche bée ?

 

– Bon, dit-il enfin en tournant les talons presque à contrecœur. Je m’en vais. Nous règlerons la paperasserie plus tard.

 

L’air inquiet, il boucle enfin sa valise et se dirige à pas lents vers la sortie. Une image lui traverse alors l’esprit. Il l’imagine sortant soudain de sa torpeur. Elle est là, dans son dos, menaçante. Hystérique, elle court vers lui en hurlant, le bras armé d’un couteau de cuisine. Des gouttes de sueur lui dégoulinent à présent dans le dos. C’est sans oser se retourner qu’il accomplit les derniers pas et referme doucement la porte.

 

Ouf ! Tout s’est bien passé finalement, bien mieux qu’il ne l’avait imaginé au départ. Son avocat lui avait dit de redouter le pire. Comme il n’avait établi aucun contrat de mariage, il pouvait selon lui s’attendre à une bataille longue et pénible. Vu l’état  dans lequel se trouvait son épouse actuellement, il penchait désormais plutôt pour un règlement rapide du divorce. La dépression la guettait, elle n’aurait pas la force de lutter contre lui. La journée s’annonçait excellente.

 

– Il est parti. Je suis seule, pense-t-elle tout haut. Elle se lève alors… et son visage, ce visage que l’on pensait voir effondré, de grosses larmes lui coulant sur les joues, le voici en pleine lumière face à la lumière, rayonnant. Un sourire se dessine sur sa bouche. Tout d’abord hésitant, il se fait conquérant et gagne peu à peu du terrain. Elle se pince les lèvres, mordillant la chair, tentant d’empêcher le rire qui lui vient à la gorge mais rien n’y fait

Hahaha ! haha ! Son rire résonne étrangement dans la pièce, mais elle n’en a cure. Elle se laisse gagner par la joie et rit jusqu’à s’en faire mal au ventre.

 

La voilà comblée. Elle pense : « tout a été si facile ». La petite chose sans défense a les yeux qui brillent d’un dangereux éclat. Comme un fauve aux aguets, dissimulé dans les hautes herbes, elle voit sa proie s’approcher lentement mais sans crainte de son piège. Le plus difficile aura été d’attendre. La patience n’est pas la première de ses qualités mais elle aura joué un rôle essentiel dans la réalisation de son plan.

 

Il y a presque un an qu’Hélène a commencé à tout élaborer. Tout d’abord il a fallu se faire désaimer. Vous pensez que c’est facile après quelques années de mariage, mais il n’en est rien. Il fallait que les choses se fissent d’elle-même, comme si c’était le temps qui avait peu à peu érodé leur amour, que l’habitude et l’ennui auraient subtilement remplacé. Elle s’est donc faite discrète, feignant de se désintéresser de lui et de son entreprise, lui montrant de moins en moins d’intérêt, neutralisant l’un après l’autre tous les attraits qu’il lui trouvait encore il y  a peu. Le tout fait habilement sans que jamais elle ne puisse être prise en défaut, le poussant à l’écarter de sa vie à lui, lentement, jusqu’à ce qu’il tombe dans ses filets, que peu à peu une idée fasse son chemin en lui : qu’il serait mieux sans elle, qu’elle ne lui était plus nécessaire, qu’il ne l’aimait tout simplement plus.

 

Ensuite, il lui fallait l’inciter à prendre la décision de rompre et c’était là la partie la plus délicate. Elle avait bien songé à forcer le destin en lui présentant par des moyens détournés une remplaçante plus ou moins valable, mais à y bien réfléchir ceci aurait pu tout aussi bien compromettre son plan. Le plus important étant qu’elle devait sembler rester en dehors de tout cela, que la décision n’incombait qu’à son mari. S’il découvrait que la rencontre avec sa nouvelle conquête avait été le fruit d’un arrangement avec son épouse, tout tomberait à l’eau et elle se retrouverait sans rien ou presque, récoltant juste de quoi vivre décemment. Elle devait paraître comme l’innocente, la pauvre femme abandonnée.

Le temps avait bien fait son œuvre. Gilbert s’était enfin décidé à se séparer d’elle. Elle connaissait tout de cette fille, qui n’était pas si différente d’elle lorsqu’elle avait rencontré Gilbert.

 

Elle s’était dirigée tout naturellement vers le jardin. C’était là qu’elle cachait son petit coin de paradis. Dissimulé sous une rangée d’arbre, une immense volière s’étendait sur toute la longueur du jardin. On pouvait apercevoir à l’intérieur un vieil orme servant tour à tour de perchoir ou de nichoir pour les oisillons. C’était la saison des amours, et l’air retentissait d’une multitude de sons, allant du léger pépiement au gazouillement plus mélodieux jusqu’au cri perçant de la femelle en quête du mâle. Des centaines d’oiseaux d’espèces diverses vivaient derrière le fin grillage, certains n’ayant jamais connu d’autre maison que celle-ci. Elle l’avait voulue la plus spacieuse possible, en harmonie avec leur habitat naturel. C’était un vrai bonheur pour elle que de contempler chaque jour durant des heures ces petits animaux.

 

Elle avait bien failli mettre son projet en péril, ici même il y a quelques jours. Un matin alors qu’il prenait son déjeuner dehors, il l’avait surprise tenant dans ses mains un des ses petits protégés.

Elle ne sut jamais si c’était par courtoisie ou par curiosité qu’il s’était approché d’elle pour admirer le petit carouge à épaulettes dont la teinte rouge vif d’une partie du plumage avait sans doute attiré son attention. Sachant qu’elle avait l’habitude de donner des petits noms à ses oiseaux, il lui demanda : « Tu l’as appelé comment celui-là ? » Instinctivement elle lui répondit : « Gilbert. » A peine avait-t-elle prononcé ce nom qu’elle se rendit compte de sa maladresse. Il eut juste un hochement de tête. Sans doute avait-il pris cela comme un geste d’amour envers lui.  L’imbécile ! S’il avait su…

 

Appeler ainsi le carouge revêtait pour elle une toute autre signification. Cette espèce avait en effet une particularité : un même mâle pouvait se voir solliciter par cinq ou six femelles en pleine période sexuelle et le petit Gilbert n’avait pas failli à ses prédécesseurs. Il avait répondu aux chants d’amour de près d’une dizaine de femelles. Le Don juan, épuisé par ses nombreux accouplements, tenait à peine sur ses pattes, aussi frêle que l’oisillon venant de naître.

 

– Pauvre, pauvre petite bête, susurra Hélène en le prenant au creux de ses mains. Tu n’as pas su leur résister ? C’était trop tentant. Toutes ces femelles qui demandaient tes services... Il aurait suffi que tu ne répondes pas à leurs avances, que tu en laisses certaines chercher ailleurs un reproducteur. Mais non, tu as préféré t’épuiser plutôt que faillir à ta réputation.

 

Une larme vint rouler tout doucement sur la joue d’Hélène, finissant sa course non loin de la commissure des lèvres. Elle serra tout à coup plus fort ses deux poings, emprisonnant l’animal dans un étau. Pendant un cours instant le petit carouge se débattit furieusement, assénant de violents coups de bec sur la paume de sa main, écorchant profondément sa chair. Puis, aussi promptement qu’il avait commencé, il cessa tout combat et rendit l’âme. Des gouttes de sang coulaient maintenant au goutte à goutte entre ses doigts et coloraient l’herbe verte d’un beau rouge bien vif.

 

Après avoir désinfecté sa plaie et apposé un bandage autour de sa main, elle s’apprêta à sortir. C’est alors qu’elle avisa le porte-feuille et les clefs que dans sa hâte, son mari avait laissés sur la commode près de l’entrée. Décidément, pensa-t-elle, tout ceci va te coûter cher, très cher même ! Elle partit alors, dissimulant dans son sac une précieuse petite carte bleue…

 

Enfin libre !

 

13:55 Écrit par Miss2red | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : oiseau, rupture |  Facebook |

12/01/2007

La puce à l'oreille

Il était encore tôt ce matin-là, lorsque l’homme était parti faire une balade avec son chien. Le chien courrait dans l’allée du parc tandis que son maître projetait dans les airs une petite balle. Inlassablement, le petit Jack Russel revenait la langue pendante et la queue frétillante, haletant mais toujours  plein d’énergie. Le jeu aurait pu se poursuivre encore quelque temps, l’animal n’étant pas encore prêt de capituler, mais le destin ce jour-là en décida autrement.

 

 

Lors de son dernier lancer, la balle avait atterri près d’un banc sur lequel était couché un pauvre bougre. Le chien s’élança, filant comme un lièvre. Parvenu à proximité, il s’arrêta net, flairant l’intrus sans oser prendre la petite balle jaune. Le chien aboyait et grondait, n’osant ni avancer, ni rebrousser chemin. L’homme avait bien essayé de rappeler son chien mais celui-ci ne répondait pas à l’appel.

 

 

Furieux, il s’avança en direction du banc, maugréant malgré lui sur ce maudit chien. Ce qu’il vit alors lui glaça les sangs : une femme gisait étendue sur le dos, les yeux grands ouverts comme figés dans un instant d’horreur. Une de ses mains avait glissé et se trouvait à quelques centimètres du sol et de la petite balle jaune.  La couverture qui la recouvrait laissait apparaître un côté de son corps. L’homme eut juste le temps de penser que celle-ci lui rappelait étrangement  une certaine petite boite à bijou.

 

 

Lorsqu’il était enfant, il aimait à venir dans la chambre de sa mère et à farfouiller dans ses affaires. Sur sa table de toilette, trônait une boite à bijou qui lorsqu’il l’ouvrait, dévoilait  une petite ballerine qui tournoyait au son d’une douce musique. Il se fit malgré lui la remarque, que cette ballerine là, ne danserait plus jamais.

 

 

Arrivé sur les lieux un peu plus tard, les deux inspecteurs se dirigèrent directement vers l’officier de police en faction.

— Commissaire Lambert fit l’homme en montrant son insigne et voici mon collègue l’inspecteur Morel.

D’un signe de tête les hommes se saluèrent.

— Qui a découvert la victime questionna le commissaire ?

— C’est cet homme là-bas.

— Morel, allez l’interroger. Voyez s’il peut nous révéler quelque chose.

 

 

Pendant ce temps, le commissaire se fit faire un compte-rendu par l’agent. La victime  était une jeune femme que l’homme avait découverte morte sur un banc. A première vue, son décès remontait seulement à quelques heures. Des marques de strangulation  cinglaient son cou, mais  il faudrait attendre le résultat de l’autopsie pour savoir si ceci était bien la cause principale du décès.

 

 

Morel rejoignit peu après le commissaire.

— Je ne pense pas que nous ayons trouvé là notre coupable. Cet homme est littéralement mort de trouille. Il promenait son chien, un petit Jack Russel. Ce sont des chiens très nerveux qui ont besoin de se dépenser. Il vient chaque matin se promener une heure avant d’aller au boulot, ça les calment, lui et le chien. Il jure qu’il n’a rencontré personne. A cette heure là, le contraire m’aurait étonné.

— Je crois en effet que cette affaire ne sera pas aussi simple répondit Lambert. La victime avait aux pieds des chaussons de danse.

— Des chaussons de danse ?

— Oui, ainsi qu’un tutu, un justaucorps  et des collants. Mais, suivez-moi, j’ai quelque chose à vérifier. Je vous expliquerai en chemin.

 

 

Dans la voiture le commissaire poursuivit son récit.

— Nous avons eu plusieurs meurtres de jeunes femmes il y a quelques années. Toutes mortes étranglées, vêtues et chaussées comme des danseuses de ballet. Cette affaire était un véritable casse-tête, nous n’avions pu relever jusque là aucun indice sur les lieux des crimes. Pas une seule fibre, pas un seul cheveu, rien. Le tueur semblait  effacer toutes traces susceptibles de nous faire remonter jusqu’à lui, et les cadavres s’accumulaient. Le seul point commun entre tous ces meurtres était la passion de ces dames pour la danse. Un peu mince comme indice, vous en conviendrez. Impossible de surveiller tous les centres sportifs et académies de danse des environs, nous étions donc dans l’impasse. Nous ne pouvions révéler au grand public ces informations qui auraient semé un vent de panique dans la ville. Il ne nous restait plus qu’à espérer que notre tueur ne nous laisse un indice. Et puis, il y a un peu plus d’un an, nous avons réussi à coincer le gars. Ce fut un véritable coup de chance. Surtout quand on sait quelles circonstances ont amené son arrestation.

 

 

La commune devait procéder au nettoyage des voiries tôt ce matin-là. Des panneaux interdisant  tout stationnement avaient été placés à divers endroit dans les rues de la ville et les riverains en avaient été avertis par courrier. Seulement, un petit malin avait déplacé les panneaux, et notre homme ignorant tout, s’était garé dans cette rue située à proximité d’un parc. A son retour un dépanneur était là pour emmener son véhicule ainsi que l’agent de quartier venu verbaliser. L’homme était très nerveux, il a payé l’amende ainsi que les frais du dépanneur directement sans discuter. Ensuite, il est parti en trombe comme s’il avait le diable aux trousses. Quelques heures plus tard, un passant retrouvait sa dernière victime, et l’agent nous informait de ces derniers évènements. Mis en garde à vue, cela n’a pas traîné, il a très vite avoué les crimes sans aucune difficulté, un vrai cinglé, il s’en vantait presque.  Son seul regret était d’avoir été pris.

 

 

Tout cela part d’une histoire que l’on pourrait qualifier comme étant assez banale. La mère était danseuse de ballet classique. Elle venait d’avoir dix-sept ans, lorsqu’un célèbre chorégraphe lui a offert la place de danseuse étoile dans un de ses spectacles. Le ballet a eu tellement de succès que les propositions ont afflués pour elle. Un avenir tout tracé…sauf que la jeune fille s’était amourachée de son chorégraphe et qu’il l’a mise enceinte. Elle était sincèrement amoureuse de lui mais le gars lui était marié. Apprenant la nouvelle, il a filé sans demander son reste. Elle s’est retrouvée seule avec le moutard, sans un sou. Plus personne ne voulait entendre parler d’elle dans le milieu. La sylphide était à présent trop enrobée que pour jouer le lac des cygnes. Elle a pu dire adieu à ses rêves de gloire. Un amour de perdu passe encore mais cet homme lui avait ôté toute chance d’assouvir sa passion, elle ne savait faire que cela, c’était un véritable don. C’était fini pour elle.

 

 

Après la naissance, elle était devenue persona non-grata, plus personne n’avait entendu parler d’elle. De plus son corps avait changé, elle n’avait plus vraiment l’apparence d’une jeune fille. Cela demande beaucoup de sacrifices pour réussir dans ce métier et pour elle, la chance était passée. Elle s’est aigrie, s’est renfermée sur elle-même, ne pensant plus qu’à revivre ces instants de gloire trop vite passés. Cette femme est devenue complètement folle, elle a reporté sa haine contre celui qui lui avait ôté tout espoir de réussite et comme le seul lien qui les unissaient encore était ce fils qu’elle avait du porter, c’est contre lui qu’elle s’est acharnée. Elle a fait vivre un enfer à son gosse.

 

 

Lorsque sa mère se rendait à des concours de danse à l’étranger, il était enfermé des jours durant dans la cave, sans nourriture. A son retour, à chaque fois dépitée, elle se vengeait sur lui et le battait, frappant parfois celui-ci avec les pointes de ses chaussons de danse. Il lui en voulait bien entendu, et sans doute en grandissant se serait-il tôt ou tard rebellé contre elle. Mais les services sociaux ayant été avertis par des voisins du comportement suspect de la mère sont intervenus, heureusement. Après quelques examens, celle-ci fut très vite déclarée démente et internée quelques temps plus tard en hôpital psychiatrique. L’adolescent fut lui placé dans une famille d’accueil. Il n’y fut pas trop mal loti, d’après ce que j’ai pu comprendre. Mais apparemment, c’était trop tard, le mal était fait. La folie de la mère avait déjà atteint le fils qui vouait une haine sans limite envers toutes celles qui avaient le malheur de croiser sa route et qui s’intéressaient de près ou de loin à la danse.

 

 

— Mais ! Et vous dites que ce gars est actuellement sous les verrous ? Vous êtes certain commissaire qu’il s’agit bien du coupable ?

— Je n’ai aucun doute là-dessus. Il nous a décrit certains détails que seul le tueur pouvait connaître. Ceux-ci n’avaient jamais été révélés à la presse. C’était bien notre homme. Mais, nous arrivons à la maison d’arrêt, sans doute en saurons-nous un peu plus dans quelques instants.

 

 

Un peu plus tard, Lambert interrogeait le directeur de l’établissement pénitencier.

— Notre homme loge donc bien toujours ici ? Il n’a pu quitter sa cellule, vous me le confirmez ?

— Tout à fait. Il n’a pas bougé d’ici. Il aurait eu difficile. Vous savez, nous n’avons jamais eu aucune évasion.

— Dans ce cas dit-il à Morel, nous avons un problème.

 

 

Morel poursuivit.

— Est-ce qu’il a de la famille qui vient parfois lui rendre visite ?

— De la famille ? Non ce gars là n’a plus personne. Au début, il y avait un paquet de journalistes qui défilaient, maintenant c’est plus calme. Il n’est pas très loquace et ces messieurs dames de la presse avaient face à eux, un type qui ne répondait à aucune de leurs questions. Ils se sont vite lassés. Par contre, il reçoit beaucoup de courrier.

— Du courrier ? A qui écrit-il ?

— Principalement aux femmes. Vous ne pouvez pas vous imaginer le nombre de femmes qui lui écrivent des lettres d’amour. Quand on sait pourquoi il est enfermé ici, on ne peut s’empêcher de penser que ces bonnes femmes sont de vraies tarées !

— Vous pourriez nous fournir une liste de toutes ces personnes avec lesquelles il correspond ?

— Cela ne devrait pas être trop difficile, nous enregistrons tout ce qui entre et sort, c’est la consigne.

— Et ces personnes viennent parfois lui rendre visite ?

— Certaines oui. Il y a les curieux qui viennent juste une fois, histoire de se faire peur. Puis il y en a certains qui lui envoient régulièrement de l’argent et d’autres qui se rendent plusieurs fois par mois au parloir pour le rencontrer. Et monsieur joue le jeu, on dirait que ça l’amuse toutes ces visites.

 

 

En quittant la prison, les deux hommes restèrent perplexes. Ils avaient interrogé le prisonnier qui s’était contenté de sourire à chaque fois qu’ils évoquaient le dernier meurtre. Il n’avait rien pu en tirer mais repartaient néanmoins en emportant avec eux une liste comportant une trentaine de noms.

— Morel, il faudra aller interroger chacune de ces personnes, vérifier leurs casiers judiciaires et leurs emplois du temps pour hier soir et ce matin.

— Vous pensez à un copy-cat commissaire ?

— Pourquoi pas, je pense que nous devons envisager toutes les possibilités. Vous avez remarqué le petit sourire narquois qu’il affichait ? Il se foutait de nous ! Ce type est un manipulateur de première. Ma main au feu qu’il est au courant de quelque chose. Si des gens sont assez fous que pour venir écouter ses histoires, qui sait de quoi d’autres encore ils sont capables.

 

 

Dés son retour, l’inspecteur se mit au travail, interrogeant les suspects, recueillant les différents témoignages. En recoupant toutes ces informations, il était parvenu en plusieurs jours à soustraire certaines personnes de sa fameuse liste, mais il lui restait toutefois encore dix-sept noms. Il vint faire son rapport au commissaire.

 

 

— Commissaire. Il me reste encore dix-sept personnes, malheureusement sans casier judiciaire. Il est peu probable que notre coupable soit parmi eux. Il s’agit de femmes. Je pense que nous sommes sur une fausse piste.

— Ainsi Morel, vous aussi vous étayez la thèse comme quoi un tueur psychopathe ne peut pas être une femme ?

— Eh bien commissaire, c’est ce que démontrent toutes les études faites jusqu’à présent. Une femme tue par amour ou pour l’argent et bien souvent dans son cadre familial. La plupart du temps d’ailleurs, le moyen utilisé est l’empoisonnement.

— Peut-être avons nous affaire ici à une exception. J’’ai de nouvelles informations pour vous inspecteur qui je le pense vous semblerons utile. Le médecin légiste m’a envoyé son rapport. Il confirme bien la mort par strangulation. Celle-ci a eu lieu quelques heures avant que notre témoin ne découvre le corps, donc vers trois ou quatre heures du matin. Le corps ne porte aucune autre trace de coups. Il a trouvé quelque chose qui pourrait cependant vous intéresser. La victime portait sur le corps des piqûres d’insectes, plus précisément de puce. Le bas de ses jambes en était littéralement recouvert. Il semblerait qu’elle y était allergique. Le coroner nous confirme que les éruptions cutanées datent seulement de quelques heures avant la mort.

 

 

Un peu plus tard.

— C’est étrange ! Elle n’avait aucun animal de compagnie, j’ai vérifié. Ils n’en acceptent pas dans son immeuble, la concierge me l’a confirmé.

— Elle a pourtant bien du côtoyer un animal durant ses dernières heures.  Cela ne nous mènera peut-être nulle-part, mais vérifier quand même dans vos suspects, ceux qui possèdent un chat ou un chien.

— Je m’en occupe tout de suite.

 

 

Quelques jours plus tard, les deux hommes étaient à nouveau réunis.

— Commissaire, vous aviez bien raison nous avions effectivement affaire à une tueuse. De plus, le vétérinaire a confirmé que son chien était bien le porteur de puce, la bête en était recouverte.

— Vous voyez Morel, la chance nous a sourit. Qu’est ce que je vous avais dit hein ! Et votre théorie de psychopathe masculin ne tenait pas la route. Notre demoiselle n’a pas résisté longtemps lors de l’interrogatoire. Elle a craqué lorsque vous lui avez montré les lettres enflammées que notre homme envoyait à d’autres femmes. Pas mal joué d’ailleurs ce coup là, Morel. Elle se croyait la seule à être aimée de lui. Il l’avait convaincue d’exécuter plusieurs femmes pour son compte.  Sans doute espérait-il que nous penserions que notre coupable n’était pas le bon et que nous avions emprisonné un innocent. Il avait dans ce cas une chance pour qu’on rouvre son dossier et peut-être ainsi retrouver un jour la liberté.

 

 

— Belle histoire d’amour que nous avions là ! Entre un manipulateur et une femme trop crédule prête à tout lui concéder. Enfin, notre homme n’est pas prêt de sortir de sitôt. De plus, il va devoir s’expliquer car Juliette va bientôt retrouver son Roméo à la maison d’arrêt. Cela risque d’être amusant. … Mais, il y a quand même quelque chose d’étrange commissaire. Le chien de notre apprentie-tueuse était de la même race que celui du promeneur qui a découvert le corps de la dernière victime, c’était aussi un petit Jack Russell. Bizarre non ?

— Et vous pensez que c’est cela qui m’a mis la puce à l’oreille répondit ironiquement le commissaire.

  

 

17:47 Écrit par Miss2red | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : jack russel, psychopathe, enquete |  Facebook |

04/01/2007

La fée clochette

Tout avait commencé la nuit qui précèdait.


Je rentrais seule, j’étais encore restée tard au travail. Puisque personne ne m’attendait, je n’avais aucune raison de me hâter.
La semaine, ma famille et mes amis avaient leurs occupations. Leurs soirées filaient. Le temps passait vite, disaient-ils. Mes soirées à moi s’éternisaient. Devant la télé je zappais de chaîne en chaîne. Je prenais un livre, lisais une dizaine de pages sans pouvoir me souvenir du contenu, et puis, je baillais. Je m’ennuyais ferme. Je n’avais personne à qui parler, personne à qui raconter mes journées.

 

Le week-end, je débordais d’énergie : ne pas oublier de passer chez papy et mamy dire bonjour, aller faire les courses pour la semaine, voir un film avec untel, passer la soirée avec unetelle. Ensuite, le lundi arrivait, et je me retrouvais à nouveau seule. Il ne me restait plus alors que le travail. Vers dix-sept heures, certains se dépêchaient de terminer un dossier ou écourtaient une réunion pour rentrer chez eux au plus vite, moi je ne me pressais pas.

 

Et cette journée-ci s’achevait pareille aux autres, mes collègues ayant depuis longtemps déserté les bureaux, je restais la dernière, les yeux rivés sur mon écran d’ordinateur.

 

Encore quelques lettres à taper…mes doigts pianotaient avec fièvre sur le clavier tandis que mon imagination, elle s’évadait. .. Dans mes rêves, je n’étais plus seule, « il » était le compagnon de mes nuits ou de mes jours, et chaque instants passés ensemble étaient synonyme de bonheur. Je vivais une autre vie, beaucoup plus animée.. .

 

Mes songes furent brusquement interrompus, lorsque j’entendis du bruit dans le couloir.

— Voilà les femmes de ménage qui finissent leurs journées, pensai-je. Il fallait donc que moi aussi je regagne mon « chez-moi ».


Dehors l’air vivifiant me piqua le visage, la température s’était nettement rafraîchie. Je remontai prestement le col de mon manteau.. Seulement deux kilomètres me séparaient de mon appartement, je décidais de les parcourir à pied, marchant à vive allure, tenant fermement mes clés coincées entre mes doigts. Les lieux n’étaient habituellement pas mal famés, mais mes pensées m’emportaient cette fois-ci vers d’autres rêvasseries beaucoup moins réjouissantes.

 

C’était une nuit de pleine lune, une de ces nuits ou bien des choses peuvent arriver. Je repensais à toutes ces histoires colportées de bouche à oreille, les unes racontant les bouleversements que la lune pouvait avoir sur le comportement des gens, décuplant leurs instincts agressifs, les autres relatant des légendes beaucoup plus fantasques, comme celles des gens qui se métamorphosaient soudain en loups-garous. L’obscurité, l’absence d’autres personnes dans les rues, le silence rompu uniquement par le bruit de mes talons qui claquaient sur le bitume. Toutes ces choses ajoutaient encore plus à mon angoisse.

 

S’il m’arrivait quelque-chose, imaginais-je. Qui s’inquièterait de ne pas me voir rentrer ? Combien de temps faudrait-il avant qu’une personne ne s’informe de mon absence ? J’étais bien incapable de répondre à ces questions.

 

Arrivée dans l’allée qui menait vers mon immeuble, je me sentis plus rassérénée. Avant de pousser la porte vitrée, je levai les yeux une dernière fois pour admirer le ciel et la lune toute en rondeur. J’eus soudain un étrange pressentiment. Je percevais comme une présence, comme s’il y avait quelqu’un qui se tenait caché derrière la haie et guettait le moment propice pour me sauter dessus. J’étais morte de peur et je m’apprêtais à hurler lorsque j’entendis… un miaulement. Le cri provenait de derrière les buissons.

— Minou, minou, minou… appelai-je.

Le félin n’attendit pas son reste et accourut vers moi. C’était la chatte de mon voisin.
Celui-ci avait emménagé dans l’appartement situé au rez-de-chaussée, plusieurs mois plus tôt. Hormis la compagnie de ce petit animal, il vivait seul lui aussi. Je ne connaissais pas grand chose de lui. Il nous arrivait de nous croiser, mais notre relation s’était jusqu’à présent limitée aux courtoisies d’usage entre simple voisins. Je maudissais bien sûr ma timidité, car l’homme me plaisait beaucoup, c’était son image qui hantait mes rêves A chacune de nos rencontres la même situation se reproduisait. Mon cœur s’emballait, m’enjoignait de foncer tandis que mon corps, lui, restait figé sur place. Mon esprit élaborait de brillantes conversations, mais les mots restaient coincés au fond de ma gorge.

J’avais par contre amplement fait connaissance avec son chat, qui m’avait acceptée dès le premier jour. La bête m’accueillait toujours à grand renfort de ronrons.

J’aimais beaucoup les animaux. Avec mon emploi du temps actuel, je ne me voyais pourtant pas en posséder un. Je câlinais donc Belle lorsque celle-ci croisait mon chemin.

Ce soir-là, elle vint se frotter contre mon pantalon. Je me baissai et la caressai derrière les oreilles.
— Que fais-tu dehors à cette heure ? Ton maître n’est pas encore rentré ? Tu aimes mes caresses, hein, Belle…. Quelle chance tu as, lui lançai-je. Comme j’aimerais être à ta place … me faire câliner par lui toute la journée ! Tu n’aimerais pas changer de vie avec moi ?

J’avais pris sa petite tête entre mes mains. L’animal me regardait lui aussi tandis que je lui adressais ce message.

C’est alors qu’un gros nuage passa devant la lune. Dans l’obscurité la plus complète, je ne distinguais plus que deux petits yeux jaunes qui me fixaient intensément. Je ne pouvais plus en détacher mon regard, et je me sentis peu à peu sombrer comme dans un puits sans fond.

A mon réveil, des images me revinrent en mémoire, mais il m’était cependant impossible de savoir si celles-ci étaient réelles ou si je les avais tout simplement imaginées. Je me levai, bondissant hors du lit. En apercevant mon reflet dans un grand miroir sur pied, je fis volte-face pour m’en approcher. C’est là que je me vis.

 

Une petite tête ronde, des oreilles pointues, un corps recouvert d’une épaisse fourrure de poils. Un chat…euh une chatte pour être plus précise. Je reconnaissais naturellement l’animal, j’étais « Belle », la chatte de mon voisin.

— Se pouvait-il que nous ayons, elle et moi, interverti nos rôles ? Que s’était t’il donc passé ? Je me rappelais l’avoir rencontrée, lui avoir parlé…puis plus rien. Et cette chambre ? Ce n’était pas la mienne. « Mais ou suis-je », miaulai-je soudain.

— Oui, oui. Je sais c’est l’heure. Je vais te nourrir. Ne sois pas si pressée me répondit une voix. Un peu de patience moi non plus je n’ai pas encore mangé.

— « Mais, mais c’est lui. C’est sa voix. Je la reconnaîtrais entre mille. Je suis ici chez lui. Me voici chatte et elle sans doute doit être moi. Miaou miaou. »

— Oui ma Belle, dit-il en me caressant l’échine.

Tandis qu’il ouvrait la boite et me servait, je frottai sensuellement mon dos contre sa jambe, mélangeant de la sorte nos deux effluves. Une autre odeur plus intense me chatouilla les narines, mon nez frétillait. Trop affamée pour jouer la difficile, je fis donc un sort aux bouchées de la terrine royale.

Repue, je fis ma toilette. Ma langue râpeuse se promenait méthodiquement sur chaque parcelle de mon corps.

— « Quel lever de pattes » pensai-je. « Une vraie contorsionniste. » Moi qui ne faisais preuve d’aucune souplesse habituellement, j’étirais maintenant mes membres sans aucun effort.  

Pendant mes ablutions, mon maître était sorti. J’errais donc seule désormais dans la maison, découvrant les pièces l’une après l’autre. La petite clochette qui pendait à mon cou rythmait le moindre de mes mouvements. Je bondissais, sautais, courrais…et avec quelle agilité. Et hop ! sur l’armoire…et zouh ! un saut sur le lit. Maintenant sur l’appui fenêtre. Ma queue en panache me servait de balancier pour équilibrer mon poids. Mes coussinets amortissaient ma chute sur le tapis.

Bzz bzz. Soudain, un vrombissement m’arrêta en plein élan. Une mouche. La vilaine bête allait me gâcher mon plaisir. Je me tins immobile, mes yeux félins fixant l’insecte dans sa danse. J’attendis le moment opportun, et d’un coup de gueule j’achevai la malheureuse.

Fatiguée tout à coup, je me couchai près de la fenêtre. J'allongeai mes longues pattes et m’endormis, profitant des rayons du soleil qui me réchauffaient à travers les rideaux.
— « Mmhh c’est bon. Ron ron ron ron. »

Mon maître revint en fin de journée, rompu de fatigue. Après avoir mangé, il se rendit directement dans sa chambre et s’allongea. Je me lovai tout contre lui. Ses doigts coururent alors sur tout mon corps, s’enfouissant profondément dans ma fourrure. Il me caressa de longues minutes durant lesquelles je crus connaître l’extase. Plus tard, tandis qu’il dormait, je contemplais son visage. Je savourais mon bonheur d’être là à ses côtés.

Le lendemain, je constatai que j’avais repris mon apparence normale.
— M’étais-je imaginé tout cela ? Belle vint me saluer comme chaque matin. Je la regardai ce jour-là d’un autre œil. Je ne remarquai cependant rien de particulier. Et la vie reprit son cours.

Quelques jours plus tard, je rencontrai mon voisin. Je l’avais brièvement salué et je m’apprêtais à rejoindre ma voiture tout en me maudissant intérieurement pour ne pas avoir su profiter de cette énième occasion, lorsque celui-ci m’interpella.

— Mademoiselle, mademoiselle.
Je me retournai vers lui.

— Vous avez fait tomber ceci, dit-il en me tendant une enveloppe.

Je m’avançai, sans un mot.

— Ça alors dit-il le sourire aux lèvres. Comme c’est étrange ! Il me semblait bien avoir reconnu ce petit bruit poursuivit-il en me désignant.

Et seulement alors, je découvris la petite clochette qui tintait à mon cou.

 

Belle apparut à cet instant, comme répondant à mon appel. Ignorant royalement son maître, elle se dirigea tout droit vers moi en ronronnant. Je m’accroupis pour la câliner.

 

— Vous aimez les chats, cela se voit. On dirait que Belle vous a déjà adopté, dit-il dans mon dos.

 

Je souris, profitant de l’aubaine pour engager la conversation avec lui. La chatte s’assit à nos pieds, paraissant ne pas vouloir perdre une seule miette de notre échange. Elle nous toisait à tour de rôle. Il me sembla même avoir vu un de ses yeux m’adresser comme un clin d’œil complice…

17:44 Écrit par Miss2red | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : nouvelle, chat, clochette |  Facebook |

03/01/2007

L'ascenceur

Vous ne prenez pas l’ascenseur ?

Vous n’imaginez pas le nombre de fois que j’ai déjà entendu prononcer cette phrase depuis bientôt 2 ans. Depuis ce fameux jour.  A croire que plus personne ne fait le moindre effort, je passe aux yeux des uns pour une personne souffrant de claustrophobie, les  autres m’imaginant sans doute en sportive accomplie effectuant un simple exercice matinal. Ils sont bien loin de soupçonner la réalité. C’est vrai qu’il en faut du courage et de l’énergie pour gravir ces étages, mais moi je préfère monter à pied, que ce soit au dixième ou trentième étage, peut m’importe. Même si je dois arriver la respiration haletante, le corps en nage, jamais plus je ne remettrai les pieds dans cette cage à homme, rien que cette pensée me terrifie.  Ce que j’y ai vécu à laisser des traces, une peur panique qui me gagne rien qu’à sa simple évocation. Je sais que j’ai besoin d’aide, je ne m’en sortirai pas seule, trop de mes nuits sont peuplées de cauchemars où je me réveille en sueur, le cœur parti dans une course folle. Je m’assois sur le lit, parcourant  lentement du regard la pièce, je suis sur le qui-vive, m’attendant à chaque instant à le voir surgir d’un recoin sombre. Dans chaque ombre j’imagine sa silhouette tapie dans l’obscurité attendant le moment propice pour me faire du mal. Durant de longues minutes,  je reste tétanisée par la peur.  Le moindre bruit me faisant sursauter, je sens comme une  présence malveillante. Ces nuits là je ne me rendormirai que bien plus tard, peu avant l’heure du réveil, épuisée d’avoir monté la garde.

Il faudrait que je m’éloigne, que je parte loin d’ici, dans une autre ville ou un autre pays, sans prévenir.

Que personne ne sache ou je suis, changer d’identité aussi pour qu’il ne puisse jamais me retrouver. J’échafaude dans ma tête des plans pour lui échapper, évaluant des possibilités que je repousse une à une. Je souhaiterais mettre le plus de distance entre nous, le plus de kilomètres.  Je n’ai pas encore choisi l’endroit, c’est une décision difficile, il y a  tant et tant de choses à prendre en compte. C’est dur parce que je ne peux rien retranscrire, j’aurais trop peur qu’il me démasque. J’ai l’impression qu’il épie mes moindres faits et gestes. Je sais qu’à tout moment, il pourrait intervenir et anéantir tous mes espoirs d’évasion. Tout cela nécessite beaucoup de temps, d’énergie et  d’argent. Depuis 2 ans je me limite donc au strict minimum, fini pour moi les sorties et achats inutiles, j’ai besoin de cet argent pour m’enfuir. Je pourrais vendre la maison mais il s’en apercevrait. La  meilleure façon pour moi de récolter des fonds c’est  de restreindre mes dépenses. Je ne m’alimente désormais plus que de pain et de soupe, j’ai fait couper l’électricité et le chauffage, plus de téléphone, je vis dans la sobriété la plus  totale. Et puis d’ailleurs à quoi pourrais-je bien vouloir dépenser mon argent, je n’ai plus goût à rien, je n’ai plus qu’une seule obsession, en finir avec tout cela. Peu après mon agression, des amis  ont  essayé pendant quelques temps de garder contact avec moi, m’invitant pour une sortie et demandant de mes nouvelles. Je n’ai pas répondu à leurs appels, peu à peu ils ont  cessé de s’inquiéter de moi, et je suis restée seule. Il le fallait, je ne pouvais pas les mettre dans la confidence, cela aurait été risqué leur vie à eux aussi. Je n’ai donc jamais parlé de ceci à quiconque. Au fond de moi je sens bien que toute fuite est inutile. Il me retrouvera tôt ou tard, je ne ferai que retarder le moment de nos retrouvailles. J’ai compris qu’il valait  sans doute mieux pour moi que je reste en terrain connu, que je me prépare plutôt à sa venue. Il faudra que je sois forte, que je ne laisse pas la panique me gagner ce n’est que comme cela que je pourrai me débarrasser de lui, définitivement.

Je suis fatiguée, je suis si fatiguée docteur. Il y a tellement longtemps que je n’ai plus dormi une nuit complète.  Je n’aurais pas du vous parler de tout cela, vous êtes en danger maintenant vous aussi. Pardonnez--moi docteur, pardonnez-moi.

-         Rassurez vous dit le médecin en s’approchant doucement,  j’ai fait appel à la police, un inspecteur est  actuellement derrière cette porte et fait le guet. Ne vous inquiétez pas, nous allons nous occuper de vous, vous n’avez  plus rien à craindre. L’infirmière va venir vous administrer un léger sédatif. Il faut que vous vous reposiez. Nous reparlerons de tout ceci demain.

A peine sorti de la pièce, le médecin rejoignit l’inspecteur.

-         Alors docteur, qu’en pensez-vous ?

-         Difficile pour l’instant d’émettre une opinion. Elle me paraît fort perturbée. Elle parle d’une agression subie il y a 2 ans sans pour autant donner de détail.  Le traumatisme semble avoir été important. Depuis, elle s’est complètement repliée sur elle-même, ce qui l’a sans aucun doute encore plus embrouillée, alimentant ainsi sa psychose.  Elle n’a aucun souvenir de ce qui s’est passé hier. J’aimerais bien savoir ce qui s’est passé. Racontez-moi donc ce qui a déclenché cette crise ?

-         C’est justement ce que nous cherchons à savoir, elle et la victime se connaissaient à peine. Ils s’étaient d’ailleurs rencontrés la première fois dans des conditions similaires. L’immeuble ou ils travaillent  fait partie d’un énorme complexe, sous loué à diverses sociétés. Ils travaillaient pour un autre employeur, leurs bureaux se trouvant à des étages différents. La victime, Félix  Duprez venait d’être engagé la semaine précédant leur première rencontre. C’était un vendredi soir dans le courant du mois d’août, tous deux étaient restés travailler plus tard pour  rattraper le retard dû au manque d’effectif pendant les vacances. Ils se sont retrouvés vers 22 h 30 dans l’ascenseur au seizième étage, étage où travaille M. Duprez. C’est quelques secondes plus tard qu’a eu lieu la panne. Coincé durant plus de 2 heures, le temps que le service de dépannage, lui aussi en manque de personnel, ne vienne les libérer.  Il dit avoir tenté de la calmer, elle était complètement paniquée et n’arrêtait pas de crier. Ce fût un calvaire pour elle comme pour lui. Lorsqu’ils ont enfin réussi à descendre,  elle s’est sauvée comme une folle en marmonnant des paroles incompréhensibles. J’ai interrogé plusieurs de ses collègues, ils n’étaient pas au courant de l’incident,  ils savaient qu’elle souffrait de claustrophobie mais étant donné qu’elle travaillait au vingt-troisième étage, c’était presque impossible de ne pas utiliser l’ascenseur.  Elle avait noué contact avec quelques collègues mais apparemment du jour au lendemain elle n’a plus répondu à leurs appels,  au bout d’un certain temps les gens se sont lassés. Elle ne venait plus ici que pour le travail et n’adressait plus la parole à personne. Ce qui est certain, c’est qu’ils ne s’étaient plus revus depuis ce jour là. Hier hélas, les choses ont mal tourné pour la victime. Ses jours ne sont  heureusement plus en danger. Il s’en sort  bien finalement, le couteau est passé à quelques centimètres seulement du cœur.

-         Il y a quand même quelque chose que je ne m’explique pas inspecteur. Pourquoi quelqu’un souffrant d’une phobie comme la sienne et ayant vécu ce traumatisme, a t’elle utilisé l’ascenseur ?

-         Elle n’a pas eu d’autre choix. Le concierge m’a dit qu’elle avait tourné plus d’une demi-heure dans le hall avant de se décider à monter, c’est à ce moment là que la victime est entrée précipitamment juste avant la fermeture des portes, il était en retard. Ce jour là des ouvriers étaient occupés de repeindre la cage d’escalier, un échafaudage en condamnait l’accès.

 

                                                                              

08:16 Écrit par Miss2red | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : nouvelle, claustrophobie, ascenceur, folie |  Facebook |

21/12/2006

La complainte de l'ordi

Je dors… Enfin, je dirais plutôt que je suis en mode veille.

La nuit a été longue. Des pages et des pages à décrypter, des chiffres innombrables à additionner et toujours à la vitesse éclair de mes puissants mégahertz.

Ah, si seulement elle pouvait se rendre compte de mon intelligence. C’est qu’il en faut des gigabits pour assimiler toutes ces données. Mais elle trouve tout ceci normal.

Elle pianote furieusement sur mon clavier, souhaitant une réaction presque immédiate à sa demande. Il me faut pendant ce temps rechercher des données parmi des millions et des millions de fichiers mis en ligne sur le net.

Vite, plus vite me crie t’elle. Je suis pressée, je n’ai pas le temps. Ce qu’elle peut être impatiente ma petite maîtresse, car croyez le ou non malgré la super mémoire de ma carte mère c’est bien elle qui décide de tout.

Ca fait bientôt 5 ans que l’on se côtoie jour après jour. Nous nous sommes rencontrés dans un supermarché. Elle n’avait que 11 ans et était accompagnée de ses parents. Elle venait chercher son cadeau d’anniversaire…et regardait avec des yeux émerveillés tout ces ordinateurs parmi lesquels je me trouvais. Vous auriez vu l’admiration qu’elle me portait alors, le plaisir évident avec lequel elle me choisit. Plaisir partagé bien entendu, j’étais moi aussi tout jeune à l’époque, à peine sorti de l’usine, mes circuits imprimés n’attendaient qu’une pression sur ma touche on pour se mettre en action.

Arrivé à la maison, à peine déballé et branché nous nous mîmes au travail. J’appris en même temps qu’elle, bien que mon intelligence ne soit beaucoup plus développée que la sienne, je fus surpris de voir avec quelle aisance la petite se débrouillait, se perfectionnant de jour en jour. C’est avec seulement un doigt alors qu’elle me commandait, entrecoupant chaque click sur ma souris de nombreuses secondes. J’avais le temps de souffler alors, il faut dire que mon disque dur était presque vide.

Les temps ont bien changé, j’ai de multiples tâches désormais : rechercher des infos, tenir à jour son agenda, classer ses photos, établir la communication avec ses amis… Je suis le lien permanent entre elle et ses amis, entre elle et la connaissance. Tableau Excel, présentation PowerPoint, compression de fichiers, mail…voici les mots avec lesquels elle parle de moi désormais.

J’étais son confident mais depuis peu elle a créé son blog. Elle y parle de sa vie, y confie anonymement ce que j’étais jusqu’à présent le seul à savoir. Youpie me dit-elle…Untel m’a laissé un com. Chouette…je viens de passer le cap de mille visiteurs.

Nous avons connu de merveilleux moments ensemble, je l’ai entendu rire avec les blagues qu’elle recevait par mail, chanter les chansons qu’elle venait de télécharger, mais aussi pleuré parce que son petit ami l’avait plaqué sur MSN.

Depuis quelques temps j’ai peur, je sens qu’elle se détache de moi. Elle rouspète parce que mon processeur est trop lent, se plaint de mon taux de transfert. Si je ne réagis pas assez promptement elle suspecte un virus, je dois alors travailler à plein régime, inspecter chaque fichier l’un après l’autre. Elle défragmente mon disque dur, mon ventilateur ronronne bruyamment, je souffre sous l’effort.

J’ai peur disais –je car elle s’est mis en tête de me remplacer. Je suis trop vieux dit-elle, dépassé ». Le choix est vaste et je la sens désemparée, comparant les qualités de tel ou tel modèle mais hésitant sur le prix à payer.

Ouf …quelques jours de sursis encore.

Dis, tu ne vas pas me laisser hein petite maîtresse. Nous avons imprimé tellement de pages ensemble, accumulé tellement de données. Assieds toi et demande moi n’importe quoi je le trouverai. Interroge ma mémoire tu verras comme elle est encore vive.

Il fait noir ici…juste mon petit curseur qui clignote dans le bas de mon écran comme un appel…un SOS

 

17:49 Écrit par Miss2red | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : nouvelle, ordinateur |  Facebook |

07/12/2006

La promesse

Le dimanche matin est un moment privilégié pour moi. Seul jour de la semaine ou je peux faire la grasse matinée.

J’étais donc profondément endormie, lorsqu’un son parvint jusqu’à mon subconscient.

…a…omi…a …omi…a…omi

Au bout de quelques minutes cette litanie finit par atteindre son but…à savoir me sortir de ma torpeur.

Mmmmm aisse moi dormir…suis fatiguée lançai-je en retour.

…a …omi…a…omi….a…omi

La tête sous l’oreiller je ne percevais ce bruit que par bribes. Mais c’était plus qu’assez que pour m’empêcher de retomber dans les bras de Morphée.

J’essayai de ramener les cotés de mon oreiller vers mon visage afin d’étouffer ce bruit…mais le son me parvint encore comme si la personne avait haussé le ton.

Complètement réveillée à présent, je me retournai m’apprêtant à jeter mon coussin à la tête de mon mari.

Mais qu’avait-il donc à marmonner ainsi ???

Personne…la place à mes côtés était vide.

Je réalisai à cet instant que ce ne pouvait être lui le perturbateur puisqu’il n’était pas encore rentré.

Les idées claires à présent je me souvins qu’il était de garde cette nuit. Il m’avait laissé en début de soirée afin de rejoindre l’hôpital.

Un peu trop tôt encore donc pour qu’il ne soit déjà à la maison.

Je restai assise sur le lit, interloquée, lorsqu’une voix me parvint cette fois-ci beaucoup plus audible.

-         Tu avais promis Candice. Tu avais promis.

-          ???

Mes yeux parcoururent rapidement la pièce. Ne trouvant personne, dans un instant de panique je criai

-         Chéri… Tu es de retour ? C’est toi ???

-         Tu n’as donc pas compris Candice repris la voix. Il n’y a personne d’autre ici.. .que toi et moi.

Je déglutis avec peine…c’est qu’elle allait me foutre la trouille cette voix.

-         Bon ça suffit maintenant, ce n’est pas drôle hein. Si c’est toi Chéri, tu as intérêt à arrêter tout de suite cette plaisanterie si tu ne veux pas avoir ma mort sur la conscience.

Aucune réponse. Le silence fut à peine troublé par les bruits assourdis qui me parvenait de la rue.

Un peu plus ferme la voix continua.

-Il est temps maintenant Candice. Temps de tenir ta promesse.

-Mamama promesse bredouillai-je. Quelle promesse ???

-Allons, Tu n’as pas encore compris à qui tu avais affaire n’est-ce pas ?

-NON. Qui êtes vous ? Que voulez-vous ? Si c’est de l’argent que vous voulez, je n’ai rien ici et mon mari qui est agent de police doit rentrer d’un moment à l’autre. Vous feriez mieux de filer avant qu’il ne vous trouve ici répondis-je d’une voix plus assurée.

-Hahaha  haha haha. le rire fit écho à mes paroles.

Dans un angle de la chambre se dessinait une ombre. Une ombre que je n’avais pas vu jusque là. Je fixai mon attention sur ce coin de la pièce lorsqu’une lumière jaillit soudain.

Aveuglée, il me sembla toutefois apercevoir quelqu’un.

La voix reprit.

-Je t’ai observé Candice tu as changé. Durant de longues années j’ai pu lire la souffrance sur ton visage. Chaque mois l’espoir naissait mais quelques jours plus tard c’était à nouveau la désolation. Ton bonheur était presque parfait, il ne te manquait que…cette petite chose.

J’écoutais ce discours approuvant sans même m’en rendre compte les propos et j’acquiescai de la tête.

-         Un jour de profond désespoir, tu pleurais et c’est alors que tu m’as fait cette promesse. Candice te souviens-tu ? Sais tu maintenant qui te parles ?

J’avais compris bien sûr. Je n’avais pas osé interrompre la voix pour lui poser la question, mais les mots avaient fait leurs chemins dans ma tête. A part mon mari , personne n’était au courant de ceci.

Enfin personne…une seule autre personne avait été mise au courant. Une personne que j’avais prié maintes et maintes fois d’exaucer mon vœu le plus cher. Ce ne pouvait être que…LUI.

-         Tu as compris je vois me dit-il.

-         Vous êtes.. .Dieu

-         -Oui mon enfant. J’ai accédé à ta demande. Il est maintenant temps de tenir ta promesse.

-         Oui oui bien sûr. Je le ferai.

-         J’y compte bien. Si tu ne t’acquittes pas de ta tâche, je reviendrai exiger mon dû.

Dans un éclair la forme disparut.

Ces derniers mots me parvinrent.

– Ce qu’il ne faut pas faire de nos jours pour quelques…

Je ne pus entendre la fin de la phrase.

Je m’inquiétai tout à coup. Quelle heure était-il ?

Vite vite ! J’enfilai mon pardessus au-dessus de ma chemise de nuit.

Je descendis prestement les marches de l’escalier.

Arrivée sur le palier la porte s’ouvrit laissant apparaître mon mari.

-Eh bien que fais-tu debout à cette heure ???

Je pris à peine le temps de l’embrasser et m’éloignai en lui lançant.

-Je suis pressée. Je t’expliquerai. Je reviens dans 2 heures.

Dans la voiture qui me menait jusqu’à l’église, je souriais caressant d’une main mon petit ventre rond. Je pensais qu’il allait être difficile d’expliquer à mon mari que j’allais désormais me rendre chaque dimanche à la messe.

 

 

 

18:10 Écrit par Miss2red | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : promesse, nouvelle, dieu |  Facebook |

12/10/2006

L'enfant roi

Devait-elle céder ???
Soit elle acceptait sa demande et elle mettait ainsi fin à ces cris épouvantables et à cette scène atroce qui durait depuis plus d’une heure, soit elle tenait bon jusqu’à…

Jusqu’à quand tiendrait-elle ? Elle ne le savait pas.
Non que la conviction profonde qu’elle avait de ce qu’elle faisait ou plutôt lui refusait ne soit ébranlée.

Non, elle croyait en son propre jugement, c’était elle qui avait raison.
Elle faisait cela pour lui, pour son bien.

Depuis plus d’une heure maintenant elle subissait ses cris.

Il n’avait cessé de réclamer  « la chose », passant de la simple demande, à la supplication, des larmes aux cris.

Elle était épuisée.

Elle aurait donné cher pour pouvoir lui crier à son tour aux oreilles, pour lui envoyer sa main en pleine figure.
Un bref instant mise hors d’elle par ces hurlements, elle s’était imaginée « elle », entourant de ses mains son cou, l’agrippant aux épaules, le secouant énergiquement tandis que sa tête à lui valdinguait dans tout les sens.

Elle hurlerait alors : - Mais tu vas te taire, dis tu vas te taire !
Bien sûr cette scène n’avait fait que lui traverser l’esprit, bien sûr il n’était pas question de s’emporter.

Elle avait su rester zen et ne disait mot. Pas le moindre de ses muscles ne tressautait, elle semblait figée comme un bloc de marbre ou de glace.
Pourtant elle bouillonnait de cette rage intérieure qu’elle contenait péniblement. mais « l’extérieur », ne reflétait lui qu’un calme olympien.

D’ailleurs si cette scène avait réellement eu lieu, si elle-même s’était laissée aller, dieu seul sait ce qui aurait pu la stopper.

Dans un accès de folie, elle aurait pu le blesser voire même en finir tout à fait avec lui.
Faire pleuvoir les coups sur son corps, le serrer à la gorge jusqu’à ce qu’il arrête de crier…jusqu’à ce que le silence seul emplisse la pièce, troublé seulement par sa propre respiration haletante.

L’enfant lui n’en avait cure. C’est qu’il était têtu le gosse.
Il n’en démordait pas. Il voulait « cela » et avait mis en marche toutes les possibilités qui s’offrait à lui d’obtenir gain de cause.

Il était assis dans son fauteuil en mousse, martelant de ses pieds le sol frénétiquement.
La colère et les pleurs avaient imprégné son teint qui était rouge vif.

Ses minuscules poings s’ouvraient et se refermaient tandis qu’il la fixait du regard en criant.

Revenant sans cesse à la charge, il exigeait, tempêtait, rugissait comme un être possédé. .

En d’autre temps, cela aurait pu être risible, de voir ce petit bout qui savait à peine parler, prendre cet air buté et ressassant sans cesse : - Ze veux Coca. Ze veuheuheu Coca.

Mais elle n’avait pas la tête à rire. Non ce n’était plus l’heure.
De son côté aussi elle avait employé plus d’une manière d’arriver à ses fins.

Elle ne se voyait pas offrir à cet enfant ce qu’il désirait.

Ce n’était pas grand chose d’accord mais c’était contre ses principes, lorsque l’on avait soif on buvait de l’eau. Les limonades pouvaient être bues mais occasionnellement et certainement pas par un si jeune enfant.

Elle avait donc tenté de lui apporter un verre d’eau qu’il avait repoussé lorsqu’il s’était aperçu que le goût n’était pas celui auquel il s’attendait.

Elle avait tenté de lui expliquer en mots simples que : - le coca c’était pas bon ; qu’il allait avoir mal au ventre, que c’était mauvais pour lui et qu’il allait avoir des dents toutes noires.

Elle avait même haussé le ton pour se faire entendre, mais à ce jeu là c’était lui le plus fort.
Elle céda tout à coup…

Sans un mot, elle s’était dirigée vers la cuisine et lui avait servi dans son gobelet en plastique la boisson demandée.

Il fallut à l’enfant quelques minutes encore, avant de s’apercevoir qu’elle se tenait devant lui…avec son Coca.
Les cris cessèrent instantanément. A la place, elle eut droit à des susurrements, des bruits de langue, lui rappelant étrangement le son de l’animal s’abreuvant après une longue course.

Sa soif étanchée l’enfant se dirigea vers l’aire de jeu. Il agrippa une voiture et articula : - Vroum vroum, tout en la poussant de la main.

Elle pouvait souffler à présent, le calme était revenu.
Elle avait passé un gant de toilette mouillé sur son petit visage, mouché son nez plein de morve.

Ensuite, elle était revenue à ses occupations précédentes. Tandis qu’elle repassait les chemises, et que de son fer brûlant s’échappait de puissants jets de vapeurs, elle surveillait d’un œil mauvais le mioche qui gisait maintenant recroquevillé sur le tapis, tel un innocent. Aspirant de temps en temps son pouce, ses petits yeux clignaient. Il s’endormit quelques instants plus tard.

Peu après 18 h, elle entendit la voiture se garer dans l’allée. Elle alla ouvrir la porte. Madame était rentrée.

-       Tout va bien Cindy ?
-       Oui oui Madame, pas de problème.

-        Le petit a t’il été sage ?

-        Oh ! Oui Madame…comme un ange.

 

 

18:24 Écrit par Miss2red | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : nounou, colere, coca |  Facebook |

06/10/2006

Une femme de poids

Pour elle c’était la mauvaise saison qui s’annonçait. Avec les beaux jours, les tenues se raccourcissaient, le regard des hommes jusqu’alors éteint se faisait scrutateur. Ce qu’elle pouvait cacher aux yeux des autres pendant les longs mois d’hiver sous des vêtements informes et de longs manteaux et qui passait alors inaperçus, se révélait à présent comme une tâche sur le paysage et n’en attirait que plus l’attention. 50 kilos de trop voilà ce qu’ils apercevaient en la regardant et détournant les yeux.

 

Plus que l’absence d’intérêt, c’est ces moments là qui lui faisait le plus mal lorsque par inadvertance elle surprenait leurs regards qui tombaient sur elle et que prestement ils tournaient la tête faisant mine de ne pas l’avoir vue.

 

Elle avait bien essayé de maigrir. Ces dernières années elle avait du essayer tous les régimes miracles, avalés des milliers de pilules sensées faire fondre ces amas de graisse mais rien n’y faisait. Les tisanes et  milk-shakes avaient constitué pendant des mois son unique alimentation mais le résultat était lui à l’inverse de ce que lui annonçait journellement sa balance, bien maigre.

L’an dernier, elle s’était décidée à consulter un médecin qui après l’avoir suivie durant de longs mois avait du s’avouer vaincu. Son alimentation était désormais équilibrée, des examens avaient été faits, il l’avait même envoyée voir un chirurgien. Mais ce dernier recours lui faisait peur. Passer sur la table d’opération c’était sans doute le moyen le plus facile de changer de silhouette en comparaison de ces tortures intestinales qu’elle s’infligeait depuis des années, mais elle n’arrivait pas à se raisonner. Elle avait une peur panique des hôpitaux.

 

Elle avait pris pour habitude de faire du jogging 3 fois par semaine. Elle se levait vers 5 h du matin et faisait durant 1 h le tour du parc proche de son domicile. Cela lui convenait parfaitement, elle ne rencontrait que très rarement quelqu’un. Les gens dormaient encore à cette heure. Au début, c’était plutôt de la marche mais avec le temps son pas s’était accéléré, elle trottait désormais, essayant de rythmer sa respiration sur le pas de sa course.

 

Jusqu’à présent, elle n’avait d’autre occupation que son problème de poids et son travail. Elle travaillait comme secrétaire dans une agence d’intérim. Elle recevait les appels téléphoniques et notait les rendez-vous pour des clients pour qui engager du personnel à temps plein aurait été une charge financière trop conséquente. De plus en plus d’indépendant faisait appel de ses services et ses journées étaient bien remplies.

 

Elle était célibataire. Il y avait bien eu quelques fois, des clients séduits par le timbre de sa voix, qui s’était laissé aller à flirter avec elle au téléphone, mais elle avait bien vite remis l’intéressé à sa place. Surtout depuis le fâcheux événement.

 

Le dernier courtisan, ayant eu la délicate attention de se rendre à l’agence avec un bouquet de fleur, était entré dans son bureau la regardant à peine en demandant si Mademoiselle Duvivier était présente aujourd’hui, et lorsqu’elle lui avait dit que Mademoiselle Duvivier c’était elle … elle avait vu son visage se décomposer. Il avait alors bredouillé une sombre excuse disant qu’il était pressé et reviendrait plus tard tout en lui abandonnant les fleurs…elle ne l’avait plus jamais revu.

 

Cette histoire la faisait sourire aujourd’hui puisqu’elle n’était plus seule. Il y avait quelqu’un dans sa vie.

 

Elle avait fait sa connaissance quelques mois plus tôt…le coup de foudre avait été immédiat. Elle n’avait pas hésité longtemps, il avait emménagé chez elle au plus vite. Les journées lui paraissaient bien longues loin de lui. C’est presque en courrant qu’elle rentrait chez elle. Elle savait qu’il serait là assis sur le fauteuil, guettant le bruit des clefs dans la serrure pour accourir vers elle. Ces 2 là s’aimaient comme des fous, c’était évident. Il ne lui disait pas « Je t’aime » mais ces mots là étaient présents dans sa façon de la regarder. Il était tellement beau et dans ses yeux à lui, elle était la plus belle.

 

Grâce à lui, elle commençait à perdre du poids. Son médecin était perplexe supposant que l’amour et la confiance en soi retrouvée de sa patiente y était pour beaucoup. Son amour l’accompagnait maintenant dans son jogging matinal, la faisant se surpasser en la devançant dans sa course.

Déjà un an qu’ils s’aiment, lui n’a pas changé mais elle oui. Ni tout à fait la même ni tout à fait une autre, mais du poids en moins sur la balance.

 

Et puis, il y a peu, elle a rencontré une autre personne. Oh ! Ce n’était pas prévu. Elle a été la première surprise. Il travaillait avec elle à l’agence et ce qui était juste de l’amitié s’est transformé au fil du temps en un sentiment plus tendre. Elle est un peu inquiète, elle ne sait comment lui annoncer qu’il y a quelqu’un d’autre. Elle s’est décidée ce soir, il y a confrontation, il faudra bien qu’ils s’acceptent.

Elle espère qu’ils ne seront pas jaloux l’un de l’autre. Elle, elle le sait, elle pourra les aimer tous les deux.

 

Ding Dong. On vient de sonner à la porte.

 

Allez viens mon chien, j’ai quelqu’un à te présenter.

 

18:22 Écrit par Miss2red | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : histoire |  Facebook |

27/03/2006

La mariée était trop belle

Des mois que la famille attendait l’évènement.

Tout avait été minutieusement préparé jusque dans les moindres détails.

La future belle-famille n’était pas sans le sou, l’homme avait du batailler ferme pour imposer son choix.

C’est que chez les « Vermeire », on n’avait pas pour habitude d’épouser n’importe qui et la demoiselle n’avait pas le moindre petit titre de noblesse.

Pire, elle était la fille d’un couple d’ouvriers, le père mécanicien la mère faisant des ménages, donc sans le sou.

Ils reconnaissaient néanmoins qu’arriver à faire des études dans une telle famille avait été un exploit que la jeune femme avait réussi avec brio (elle venait d’être engagée comme avocate dans un grand cabinet).

Ce que ses parents lui avaient au moins apporté en cadeau c’était son physique, de ce côté-là on pouvait dire que le panier était bien garni.

Et pourtant bien au contraire sa beauté n’avait pas joué un grand rôle dans l’acceptation de sa future belle-famille.

A cet âge (elle n’avait pourtant que 28 ans), une femme d’une telle beauté ne pouvait être encore célibataire, il y avait sûrement une entourloupe, un vice caché dont ils n’avaient jusqu’à présent pas soupçonné l’existence.

La mère avait même engagé un détective privé qui avait pendant plusieurs mois suivi la belle, fouillant son passé, retournant jusqu’aux années ou elle se trouvait encore sur les bancs de l’école primaire, mais rien n’avait été trouvé.

C’est donc dépités et après avoir subi pendant de longs mois les supplications du fils qu’ils s’étaient décidés à accepter le mariage.

Après tout il n’était plus tout jeune non plus le fils et s’il voulait que leur nom de famille perdure après eux, il fallait qu’il fonde une famille au plus tôt.

A 52 ans, les années commencent à compter. Bien sûr chez un homme cela avait moins d’importance mais tout de même.

Les préparatifs commencèrent donc avec la sélection des mets que l’on servirait à table ce jour.

La tâche la moins ardue ne fut sans doute pas la sélection des invités à cet heureux évènement, le carnet d’adresse de Mr le comte et Madame la comtesse était effectivement bien rempli.

Il fallut faire un choix et Madame Vermeire décida que 700 invités était un chiffre raisonnable, ni trop ni trop peu.

De son côté la future épouse n’avait pour famille que ses parents venus de leur Hongrie natale s’installer en Belgique pour y trouver du travail il y a déjà 30 ans.

Ceci arrangeait bien les Vermeire qui malgré leur fortune, était fort près de leurs sous.

Ils voulaient bien dépenser pour leur fils mais étant donné que la demoiselle n’amenait rien au mariage hormis sa personne, ils ne voyaient pas pourquoi ils dépenseraient leur argent en invitant somme toute des inconnus, des gens qui pourraient bien leur gâcher la fête et dont ils soupçonnaient d’avance le manque de manière.

 

Et voilà que le grand jour était enfin arrivé. Que de monde il y avait au château ! Dans les sentiers et champs avoisinants on ne trouvait plus place pour se garer. Les villageois se tenaient à distance mais n’auraient pour rien au monde manquer le spectacle de tout ce beau monde dans leurs tenues de cérémonies.

La petite chapelle jouxtant le château accueillait ce jour là de nombreux fidèles qui pour la plupart d’entre eux n’y avait jamais mis les pieds.

On pouvait y admirer les splendides vitraux qui racontaient l’histoire du village. L’illustre ancêtre du futur époux était présent sur presque chaque représentation.

Quel bel homme que ce Benoît Vermeire se disaient les dames qui ne pouvaient alors pas s’empêcher de penser que son descendant avait lui bien moins fière allure.

 

Il faut dire qu’il faisait bien chaud en ce matin d’août. La température dans la chapelle était beaucoup plus fraîche qu’au dehors mais le marié avait du attendre des heures durant sur le porche en plein soleil pour accueillir ses invités. On pouvait le voir à présent suer de grosses gouttes sur son beau costume. Il trépignait sur place dansant d’un pied sur l’autre, frottant ses mains moites sur son pantalon. Sa mère lui jetait bien de temps à autre un regard assassin, semblant lui dire : - Tiens-toi bien, redresse toi voyons, fais honneur à ton rang. Mais le pauvre homme n’y prenait garde.

 

Son regard était rivé vers les lourdes portes menant vers le soleil et la lumière.

A mesure que le temps passait, on le voyait s’affaisser de plus en plus sur lui-même, son teint qui était au départ dans les tons rouge vif virait maintenant vers une couleur beaucoup plus pâle.

 

C’est vrai qu’elle se faisait attendre la belle, on ne l’avait pas encore aperçue depuis le matin. Tous voulaient voir celle qui allait devenir Mme Vermeire et par la même occasion vu l’âge avancé des parents régner bientôt sur le domaine.

 

Ah ! Enfin ! l’hymne retentit dans l’église, les portes de chêne s’ouvrent. Tous les visages sont à présent tournés vers l’entrée. Un instant aveuglés par la lumière, on n’aperçoit qu’un ange, un ange dans une longue robe blanche.

-Oh ! Certains ne peuvent s’empêcher de pousser une exclamation tant elle est belle notre mariée dans sa si jolie robe. Mme Vermeire se rengorge, toute fière soudain que ce soit son fils qui ait mis la main sur ce joyau.

 

Accompagnée de son père, elle s’avance jusqu’à l’autel, majestueuse, semant derrière elle le trouble et l’envie. La cérémonie commence enfin. Tout se déroule selon les rites d’usage, les vœux sont échangés et le prêtre bénit l’union. Le couple descend ensemble les nombreuses marches sous les acclamations de la foule.

 

Et soudain catastrophe le marié trébuche, la tête la première il culbute et s’écroule lourdement plusieurs mètres plus bas sur le sol. La mère à quelques pas de là marmonne entre ses dents : - L’imbécile il va nous gâcher la fête.

 

Là voilà songeuse… Une chance pour elle, le marié était souffrant. De nombreuses personnes avaient pu l’attester. C’était un malaise qui avait eu des conséquences tragiques.

 

Elle se revoit quelques jours plus tôt, presque au même endroit. Elle ne sait ce qu’il lui a pris soudain en descendant les marches de tendre le pied. Heureusement personne n’a surpris son geste, leurs regards à tous étaient portés bien plus haut. Elle pense : - Merci papa, merci maman de m’avoir donné si belle figure…………………La mariée fut belle dit-on mais la veuve le fut encore plus.

 

 

07:49 Écrit par Miss2red | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

20/03/2006

Le chien

La pauvre bête se tenait là sur le bord de la route, on aurait presque dit qu’elle attendait son passage. Assise bien sagement et se tenant bien droite, elle ne bougeait pas. La femme l’avait vue en arrivant à bord de son 4x4 et ce n’est qu’en dépassant l’animal lorsqu’elle vit son image dans son rétroviseur qu’elle sut qu’elle ne pourrait pas continuer plus loin sa route, qu’elle devrait rebrousser chemin. Elle avait donc fait demi-tour, se maudissant en elle-même pour cela. Sachant d’avance les conséquences que cette manœuvre aurait sur sa vie,  imaginant déjà sans peine la réaction de son mari le soir venu qui découvrirait l’intrus.

 

Oh ! Il la traiterait encore d’impulsive, lui demanderait si elle comptait héberger chez elle tous les animaux errants de la région et chercherait à lui faire renoncer à l’idée d’adopter le nouveau venu.

— Bah on verrait bien, se dit-elle !

 

Elle claqua la portière et découvrit le molosse à quelques mètres devant elle. Il avait un aspect pitoyable : son poil en bataille formait par endroits de gros nœuds dans lesquels quelques branchages étaient entremêlés. Le tout semblait presque totalement recouvert de poussières.

Il paraissait si gentil, la tête légèrement penchée sur le côté, il la regardait.

Elle se maintenait à distance, bien que ne connaissant pas le nom de race des chiens, elle imaginait bien que celui-ci pouvait se révéler dangereux. C’est avec précaution donc qu’elle avança pas à pas vers la bête. Le chien lui ne bougeait pas et lorsqu’elle fut plus proche, il battit de la queue et gémit tel un chiot inoffensif.

Elle approcha la main et il lui asséna alors de grand coup de langue râpeuse. Elle s’était agenouillée pour le voir d’un peu plus près et se trouvait maintenant à sa hauteur. Dans un accès de joie, il avait jeté en avant ses pattes contre elle, elle était tombée à la renverse dans l’herbe, la bête la dominant de toute sa taille. Elle avait pu mesurer sa force, mais sans aucune animosité l’animal tentait à présent de lui lécher le visage. Elle se releva tout en passant une main dans sa fourrure, le caressant et le flattant. Il semblait apprécié et nullement effrayé par l’inconnue.

- Viens lui dit-elle. Elle ouvrit alors la porte arrière de son véhicule et posa sa main sur le plancher comme pour lui intimer l’ordre de monter. Il comprit d’instinct et dans un mouvement souple sauta rapidement à l’intérieur.

Sur le chemin du retour, elle jetait de temps en temps un rapide coup d’œil vers l’arrière mais son regard tombait à chaque fois sur l’animal sagement installé. La tête posée entre les pattes il dormait. C’est donc rassurée qu’elle arriva à destination.

Il se tenait à présent avec elle dans l’entrée. Elle ne put s’empêcher de sourire se disant que si son cher et tendre apercevait alors le chien, nul doute qu’il lui ferait sans délai sortir cette idée saugrenue de la tête, d’adopter ce cabot. Entre l’aspect soigné de son intérieur qu’elle avait voulu dans des tons sobres tels l’écru et le sable et ce chien sale et dégoûtant, il n’hésiterait pas une seule seconde.

- Je crois que tu as besoin d’un bon bain dit-elle en regardant la boule de poils qu’elle emmena avec elle dans la salle de bain.

Tandis que l’eau du bain coulait, elle partit se servir un verre. C’est machinalement qu’elle alluma le téléviseur et retourna fermer les robinets d’eaux. L’animal l’attendait sans bouger, les pattes boueuses posées sur le tapis de bain.

Avant de forcer celui-ci à monter dans la cuve, elle l’inspecta à la recherche d’un tatouage ou d’un autre signe pouvant permettre d’identifier un éventuel propriétaire. Rien de cela, à part la boue et la poussière dont il était presque entièrement recouvert, il ne portait rien sur lui. Il y avait aussi ses taches de sang qui ornaient son poitrail et qu’elle avait tout d’abord pris pour de la boue séchée. La pauvre bête avait probablement du se blesser en bataillant avec un de ces congénères pour un quelconque morceau de viande trouvé dans une poubelle.

Il avait maintenant les quatre pattes baignant dans l’eau. Avec un vieux gant de toilette elle frottait son pelage et ce traitement ne s’avérait pas pour lui déplaire. Tandis qu’elle continuait de le décrasser, la femme cherchait dans sa tête le nom qu’elle pouvait lui donner. Elle se souvint d’un livre que sa grand-mère lui lisait lorsqu’elle était petite, on y parlait d’un gentil petit chien.

- Gribouille s’écria t’elle, tu t’appelleras Gribouille.

- Voilà dit-elle, te voilà tout propre maintenant.

Sortant du bain il s’ébroua, elle entreprit alors de sécher Gribouille avec un essuie. Ce dernier se roulait par terre, frottant son dos contre le carrelage.

-Tu es encore bien trempé, je vais te sécher un peu mieux.

Tournant le dos au nouveau membre de sa famille, elle brancha le sèche-cheveux dans la prise.

Ce bruit, ce bruit assourdissant fusa dans les oreilles de Gribouille. Il n’entendait plus rien d’autre désormais, le son lui parvenait amplifié. Un vrombissement insupportable pour lui. Il gémit sous la douleur, suppliant la femme pour que cela s’arrête. Celle-ci pivota alors sur elle-même tenant dans sa main le sèche-cheveux.

En levant la tête, le chien vit l’arme dans les mains de la femme. Il souffrait et voilà qu’elle se dressait devant lui menaçante. Il ne savait pas ce qu’était cette chose dans ces mains, mais il se rappelait bien que l’homme l’avait frappé avec un objet similaire et que la douleur avait été très forte. Un grondement sourd s’échappait maintenant de sa gorge, ses babines retroussées laissaient découvrir des crocs puissants et acérés.

Dans le living la télévision fonctionnait seule, le présentateur du journal télévisé annonçait un flash spécial. On avait retrouvé 2 personnes mortes ce matin à leur domicile. Les corps étaient couverts de morsures, une partie des corps manquait, aucun animal n’était présent sur les lieux. La police avait interrogé les voisins qui signalaient qu’à leur connaissance le couple n’avait pas d’animal de compagnie. L’inspecteur conseillait donc aux personnes de se méfier d’une éventuelle rencontre avec un chien errant.

Dans la salle de bain, rien de ceci ne fut entendu, pour la jeune femme c’était déjà trop tard.

 

 

08:03 Écrit par Miss2red | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : chien errant |  Facebook |

17/03/2006

La rupture

Il m'arrive d'imaginer de petites histoires qui jusqu'à présent restait dans ma tête. J'ai décidé dorénavant de vous les faire partager.

Voici la première, elle s'appelle la rupture.

 

Il avait assené sa phrase d’un ton sec et rapide et vu le peu d’effet qu’elle avait produit sur elle, il tentait à présent de l’amadouer.

Ce « Je te quitte tout est fini entre nous » n’avait pas eu l’effet escompté sur sa compagne.

Celle-ci restait prostrée assise sur le lit, les yeux baissés vers le sol tandis que lui l’homme se tenait arrogant devant elle la toisant à la recherche de la moindre petite réaction.

 

Tu comprends lui disait-il, cela fait maintenant 10 ans que l’on vit ensemble et ces derniers temps le boulot m’accaparait de plus en plus. Ces journées harassantes parfois même ces soirées passées à boucler un dossier, toute cette tension que j’endurais depuis des mois, eh bien j’ai craqué.

 

Il la regarde à nouveau guettant un signe de sa part, croyant même un instant l’entendre murmurer quelque chose mais…rien.

Il reprend donc le fil de son monologue qu’il a bien consciencieusement préparé dans sa tête depuis des jours, attendant le moment opportun pour lui dire.

 

Eh bien voilà donc un soir, nous venions de conclure la signature d’un contrat et j’avais tenu à inviter quelques collaborateurs pour fêter l’événement. Nous nous sommes retrouvés en petit comité et après avoir bu quelques verres, j’ai raccompagné chez elle Clémentine, tu sais cette nouvelle collègue qui était présente à la fête du nouvel an. Elle a insisté pour que je prenne un dernier verre chez elle. Tu comprends je n’étais pas maître de mes émotions, j’avais beaucoup bu ce soir là et puis c’est elle qui s’est jetée sur moi. Elle n’avait pas arrêté de me lancer des regards suggestifs et lorsqu’elle s’est penchée sur moi pour m’embrasser, je n’ai pu résister.

 

Lâche !!!

Il a bien entendu ou c’est seulement dans sa tête qu’il a cru entendre ce mot ???

 

Il regarde sa femme mais celle-ci semble si abattue, toujours dans la même position que lorsqu’il a commencé à parler. Non décidément ce n’est pas elle.

 

Et puis tout à coup ça l’énerve. Mais pourquoi reste t’elle là sans rien dire, ni cris, ni reproches rien pas un mot ;

Et tout cela l’énerve encore plus que si elle l’avait giflé, le traitant de dégeulasse, cassant au passage quelques objets précieux.. Rien et cela le met hors de lui.

 

Mais parle à la fin, ne reste pas plantée là sans rien dire.

Toi aussi tu as des torts, des mois que tu m’adresses à peine un bonjour minaudé du bout des lèvres. Et puis tu ne fais plus aucun effort pour me plaire, tu as vu de quelle façon tu t’habilles ces derniers temps, si je ne savais que c’était bien toi, en rentrant parfois je penserais presque m’être trompé de maison.

 

Un instant il a cru voir l’ombre d’un sourire sur ses lèvres, mais elle a la tête si penchée qu’il ne sait si celui-ci était bien réel ou non. Cela doit être mon imagination se dit-il.

 

A bout d’argument il attend là devant elle, ne sachant plus trop quoi ajouter. Bon eh bien je vais m’en aller.

 Il s’apprête à tourner les talons, puis dans un sursaut d’orgueil, se tourne vers elle une dernière fois.

 

Tu n’as donc rien à me dire ?

 

Le silence envahit la pièce.

 

L’air abattu il prend sa valise et s’en va en fermant la porte doucement sans claquement,  à présent on pourrait presque penser que c’est lui …le malheureux.

 

La femme se lève alors…et ce visage que l’on pensait voir effondré, de grosses larmes coulants sur les joues, le voilà face à la lumière rayonnant., un sourire immense l’envahit.

S’il prenait à son mari l’envie de revenir sur ses pas, il verrait la femme dont il est tombé amoureux il y a déjà 10 ans de cela et qui en ce jour semble encore beaucoup plus belle.

 

Merci. Ce petit mot dit, elle se dirige vers la salle de bain, se change revêtant ce nouvel ensemble acheté la veille.

Pendant que son cher mari se tuait à la tâche, elle sortait de la boutique  sous l’œil admiratif des passants masculins qui semblaient eux la trouver à leurs goûts. Elle se maquille et l’image que lui renvoie le miroir la ravit.  Un petit clin d’œil à son reflet et dans un soupir elle s’en va, elle aussi…enfin libre.

 

 

 

 

 

 

 

13:28 Écrit par Miss2red | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

15/11/2005

Petite chanson

  J'ai inventé une chanson pour ma puce quand elle était petite.Vous pensez bien que je n’allais pas la garder pour moi...donc que ceux qui en ont le courage lisent jusqu'au bout :=))) Je mets mon grand chapeau, mon pantalon, mon ceinturon, mes bottes avec mes éperons.Je monte sur mon cheval, je galope dans la prairie, mon cheval s'appelle Marjorie.En haut de la montagne quelqu'un nous observe, des plumes dans ses cheveux de la peinture sur son visage. C'est un petit indien nommé Wannabi, avec son arc à flèches il part à la chasse, pour nourrir ses enfants et sa tribu. Pendant que Petite Fleur l'attend dans son tipi. Le soir tous réunis autour d'un grand feu, pour fumer avec eux le calumet de la paix. L'indien Wannabi et le cow-boy son ami. Le cow-boy qui a un cheval nommé...Marjorie  

Il est interdit de télécharger illégalement cette chanson :=)))

 

17:59 Écrit par Miss2red | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |